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Le CESE appelle à structurer l’économie du soin à autrui

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Le Conseil économique, social et environnemental appelle à intégrer pleinement l’économie du soin à autrui dans les stratégies sectorielles et territoriales. Cette orientation a été défendue mercredi à Rabat par le président du Conseil, Abdelkader Amara, à l’occasion de la présentation d’un avis consacré à cette thématique.

Lors de cette rencontre, Abdelkader Amara a souligné l’importance de l’économie du soin, qui regroupe l’ensemble des activités liées à l’accompagnement et à l’assistance des personnes en situation de dépendance ou de vulnérabilité, qu’elles soient rémunérées ou non, formelles ou informelles. Il a insisté sur son rôle central dans le développement humain, social et économique.

Selon lui, cette question prend une dimension stratégique au regard des transformations démographiques et sociétales que connaît le Maroc. Le vieillissement accéléré de la population et l’évolution progressive vers des structures familiales nucléaires modifient profondément les besoins sociaux et les modes de prise en charge.

Ces évolutions exercent une pression croissante sur les systèmes de santé et de protection sociale et entraînent une augmentation significative des besoins en soins à autrui. Abdelkader Amara a relevé que ces tâches sont majoritairement assumées par les femmes et reposent largement sur les solidarités familiales, ce qui accentue les inégalités entre les sexes et limite la participation des femmes à la vie économique, sociale et politique.

Face à ce constat, le président du CESE a plaidé pour l’adoption d’une stratégie nationale du soin à autrui structurée et intégrée. Une telle démarche permettrait, selon lui, de faire de cette économie un véritable levier de développement, tout en favorisant un partage plus équitable des responsabilités entre les familles, les collectivités territoriales, les professionnels et la société civile.

L’avis du Conseil formule plusieurs recommandations organisées autour de quatre orientations majeures. La première consiste à ériger l’économie du soin à autrui en enjeu national, à travers la mise en place d’un mécanisme de gouvernance dédié, l’instauration d’un cadre juridique unifié, son intégration dans les stratégies nationales et l’implication du secteur privé et de la société civile.

Une autre orientation vise à valoriser les métiers du soin par leur professionnalisation et par la reconnaissance des intervenants comme des acteurs essentiels du bien être social, tout en garantissant des conditions de travail décentes.

Le Conseil préconise également une répartition plus équitable des responsabilités liées au soin à autrui, à travers des dispositifs inclusifs et solidaires, incluant des cadres légaux et organisationnels adaptés ainsi qu’un environnement fiscal incitatif. Le dernier axe met l’accent sur l’investissement dans le développement d’une économie du soin en phase avec les réalités et les valeurs marocaines, en s’appuyant sur des solutions innovantes de prise en charge.

La rapporteure de l’avis et membre du Conseil, Zahra Zaoui, a pour sa part estimé que la structuration de l’économie du soin à autrui peut devenir un puissant levier de développement territorial. Elle a souligné l’importance d’approches intégrées permettant de renforcer les services de proximité, de soutenir les territoires et de créer des emplois durables, notamment pour les femmes et les jeunes, dans des domaines tels que l’aide à domicile, la garde d’enfants ou l’accompagnement des personnes âgées et en situation de handicap.

Zahra Zaoui a insisté sur la nécessité d’adopter une stratégie nationale inclusive et durable, visant à reconnaître pleinement la valeur économique et sociale du soin à autrui. Elle a rappelé que l’intégration du travail non rémunéré dans les comptes économiques pourrait entraîner une augmentation du produit intérieur brut de l’ordre de 19 pour cent.

Elle a également présenté un état des lieux de l’économie du soin à autrui au Maroc, en abordant le contexte général, la définition du concept, ses enjeux et les principales recommandations formulées par le CESE.

Élaboré selon une approche participative, cet avis est le résultat de larges échanges entre les différentes composantes du Conseil, d’auditions menées avec les parties prenantes concernées et de consultations organisées via la plateforme de participation citoyenne ouchariko.ma ainsi que sur les réseaux sociaux. Il a été adopté à l’unanimité par l’Assemblée générale du CESE lors de sa 171e session ordinaire tenue le 26 juin 2025.

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