Les promesses commerciales lancées autour du match Maroc-France en quart de finale de la Coupe du monde 2026 pourraient exposer certaines entreprises à de lourdes sanctions si elles ne sont pas respectées. Des juristes rappellent que les offres conditionnées à une victoire des Lions de l’Atlas peuvent devenir juridiquement contraignantes dès lors qu’elles sont claires, précises et accessibles aux consommateurs.
Dans les heures précédant la rencontre, plusieurs campagnes promotionnelles ont circulé sur les réseaux sociaux. Réductions importantes, cadeaux gratuits ou prestations exceptionnelles ont été annoncés par des marques qui entendent profiter de l’engouement populaire autour du match.
Le conseiller juridique Amine El Fathi estime que ces annonces ne relèvent pas uniquement de la communication commerciale. Lorsqu’une entreprise promet une remise, un cadeau ou un service gratuit en cas de victoire du Maroc, elle peut être tenue d’exécuter son engagement si la condition annoncée se réalise.
Le non-respect de ces promesses pourrait être assimilé à une publicité trompeuse au regard de la loi 31.08 relative à la protection du consommateur. Ce texte interdit les annonces contenant des indications ou engagements susceptibles d’induire le consommateur en erreur sur les conditions, les avantages ou les obligations liés à une offre.
La même loi prévoit des amendes allant de 50.000 à 250.000 dirhams pour ce type d’infraction. La sanction peut atteindre 1 million de dirhams lorsque le contrevenant est une personne morale, notamment une société ou une institution.
Pour les spécialistes, ces campagnes relèvent du marketing de l’instant, une stratégie qui consiste à s’appuyer sur les grands événements pour renforcer la visibilité d’une marque et stimuler l’engagement sur les plateformes numériques. Son efficacité dépend toutefois d’un élément décisif, la capacité de l’annonceur à honorer les promesses faites au public.

