Portées par les pluies abondantes de ces dernières semaines, les réserves hydriques du Maroc connaissent une nette embellie. Au 12 janvier 2026, le taux de remplissage global des barrages du Royaume atteint 46 %, soit un volume de 7,7 milliards de mètres cubes. Par rapport à la même période l’an dernier, les stocks d’eau ont bondi de près de 3 milliards de m³, représentant une hausse de 61,8 %.
Cette dynamique de recharge profite à la quasi-totalité des bassins hydrauliques du pays, même si les niveaux de récupération restent contrastés selon les régions. Le bassin du Bouregreg, par exemple, flirte avec la saturation (94,9 %), sécurisant ainsi l’alimentation en eau potable pour Rabat et Casablanca. Le Loukkos enregistre également une remontée marquée avec un taux de 62,8 %, tandis que le Sebou, principal contributeur aux réserves nationales, dépasse les 3 milliards de m³ stockés, avec un taux de remplissage de 54,8 %.
Dans le centre du pays, le Tensift franchit le cap des 71 %, un soulagement pour les zones longtemps affectées par le déficit hydrique, comme Al Haouz. Plus au sud, le Guir-Ziz-Rhéris affiche 56,9 %, notamment grâce au barrage Hassan Addakhil, essentiel pour le Sud-Est aride.
Des signes de reprise apparaissent aussi dans les bassins structurellement en tension. Le Souss-Massa grimpe à 49,4 %, sans pour autant combler les déséquilibres chroniques liés à une forte pression agricole. Dans l’est, la Moulouya atteint 37,6 %, une progression jugée encourageante mais encore incomplète. L’Oum Er-Rbia reste en revanche très en retrait, à seulement 20,8 %, plombé par le faible niveau du barrage Al Massira, dont la capacité n’est remplie qu’à 8 %. Le Drâa-Oued Noun, de son côté, remonte doucement à 29,8 %, sans rompre avec sa fragilité structurelle.
Malgré ces avancées notables, les autorités appellent à la prudence. L’amélioration reste dépendante de la continuité des précipitations et d’une gestion rigoureuse des ressources, dans un contexte de pression croissante sur l’eau et de variabilité climatique marquée.
