AccueilGeneralLutte antidrogue : Rabat défend une coopération internationale plus étroite

Lutte antidrogue : Rabat défend une coopération internationale plus étroite

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Le Maroc a plaidé à Vienne pour une mobilisation internationale accrue face au problème mondial des drogues, appelant à renforcer la coopération entre les États aux niveaux sous-régional, régional et international.

S’exprimant lors du débat général de la 69e session de la Commission des stupéfiants, qui se tient du 9 au 13 mars dans la capitale autrichienne, l’ambassadeur et représentant permanent du Maroc auprès de l’Office des Nations Unies à Vienne, Azzeddine Farhane, a souligné que la lutte contre le trafic de drogues nécessite une réponse collective fondée sur la confiance mutuelle, l’échange d’informations et la coordination opérationnelle entre les pays.

Selon le diplomate, l’ampleur et l’évolution du phénomène rendent indispensable une coopération renforcée, notamment pour faire face au trafic transfrontalier. Sans collaboration effective entre les États, il reste difficile de combattre ce fléau de manière efficace.

Dans la perspective de la conférence ministérielle prévue en 2029, le Maroc a proposé d’ouvrir une réflexion collective autour de plusieurs pistes destinées à consolider la coopération internationale.

La première concerne le renforcement des capacités de surveillance et d’anticipation face aux nouvelles menaces, en particulier celles liées aux drogues synthétiques et aux nouvelles substances psychoactives, à travers l’amélioration des systèmes d’alerte précoce et le partage d’informations scientifiques et opérationnelles.

La deuxième piste vise à promouvoir une approche équilibrée centrée sur la personne, reposant notamment sur le renforcement des politiques de prévention, l’amélioration de l’accès aux services de traitement des addictions ainsi que le développement des programmes de réhabilitation et de réinsertion sociale.

La troisième proposition porte sur l’adaptation des mécanismes de coopération internationale aux nouvelles formes de trafic, notamment en intensifiant la lutte contre l’utilisation des technologies numériques par les réseaux criminels et en renforçant la coordination contre les flux financiers illicites liés au trafic de drogues.

Le représentant du Maroc a également réaffirmé l’engagement du Royaume à contribuer activement aux travaux de la Commission et à coopérer avec les États membres afin de relever les défis liés à l’évolution du phénomène des drogues.

Le diplomate a souligné la nécessité de consolider le consensus international autour d’une approche intégrée et multidisciplinaire, fondée sur des données probantes et respectueuse des droits humains.

Le Maroc reste, dans ce cadre, attaché à la mise en œuvre des trois conventions internationales relatives au contrôle des drogues et poursuit l’application d’une stratégie nationale globale reposant sur l’équilibre entre la réduction de la demande, la réduction de l’offre et le développement socio-économique.

Concernant la réduction de la demande, le Maroc a adopté un plan national de prévention et de prise en charge des troubles addictifs couvrant la période 2024-2030. Ce programme vise notamment à renforcer les actions de prévention, améliorer l’accès aux soins spécialisés et favoriser la réhabilitation et la réinsertion des personnes dépendantes.

L’adoption récente de la loi relative aux peines alternatives constitue également une évolution notable, en permettant de privilégier des approches de réhabilitation pour les délits mineurs liés à la consommation.

Sur le plan de la lutte contre l’offre, le Maroc poursuit ses efforts pour démanteler les réseaux criminels impliqués dans le trafic de drogues. En 2025, les saisies ont atteint 540,71 tonnes de résine de cannabis, 98,74 tonnes d’herbe de cannabis, 1.924,33 kilogrammes de cocaïne, 6,14 kilogrammes d’héroïne et 1.785.837 comprimés psychotropes, la majorité ayant été interceptée au niveau de la frontière de la région orientale.

Le Royaume a également adopté la loi 13-21 relative aux usages licites du cannabis, qui encadre la culture, la production, l’industrialisation, le transport et la commercialisation du cannabis et de ses dérivés destinés exclusivement à des usages industriels, médicaux et scientifiques.

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