Près de 10 000 dossiers ont été soumis en 2025 à l’Institution du Médiateur du Royaume, qui enregistre une progression marquée du recours à ses services. Le nombre de saisines a atteint 9 958, contre 7 948 un an plus tôt, soit une hausse de 25,29 %, a indiqué jeudi à Rabat le Médiateur du Royaume, Hassan Tariq.
Les réclamations représentent la majorité des dossiers reçus, avec 6 770 saisines, soit 67,99 % du total. L’Institution a également enregistré 3 157 demandes d’orientation et 31 demandes de règlement amiable. Ce volume constitue le niveau le plus élevé observé depuis l’entrée en vigueur de la loi organique régissant l’Institution.
Les différends à caractère financier arrivent en tête avec 2 528 réclamations. Ils sont suivis par les questions administratives, qui totalisent 2 387 dossiers. Les programmes d’aide sociale ont donné lieu à 623 saisines, tandis que 544 affaires concernent le foncier. L’absence d’exécution de décisions judiciaires par l’administration a, pour sa part, motivé 337 réclamations.
Les autres dossiers portent sur l’accès aux services publics, avec 157 réclamations, la gestion des risques majeurs, avec 99 dossiers, et les droits de l’Homme, avec 60 saisines. L’Institution a aussi recensé 22 réclamations liées aux services numériques et 13 demandes d’assistance judiciaire provisoire.
Selon Hassan Tariq, cette répartition fait apparaître de nouvelles formes de contestation directement liées aux politiques sociales. Les requérants interpellent notamment l’administration sur les conditions d’accès aux aides, les critères d’éligibilité, les modalités de suivi et les conséquences des décisions publiques sur leur situation juridique et sociale.
Cette évolution traduit, selon lui, une transformation profonde des relations entre les citoyens et l’administration, dans un contexte marqué par l’élargissement du rôle social de l’État. La réclamation ne se limite plus à une démarche procédurale et devient également un indicateur des difficultés rencontrées par les usagers.
Sur les 9 958 dossiers reçus, l’Institution en a traité 9 006. Ce total comprend 5 825 réclamations, 3 157 demandes d’orientation et 24 demandes de règlement amiable.
Le traitement de ces dossiers a donné lieu à 2 770 correspondances adressées aux requérants afin d’obtenir des informations complémentaires. L’Institution a également envoyé 4 316 premiers courriers aux administrations concernées et organisé 690 séances de recherche et d’investigation. Elle a par ailleurs relevé 69 absences à la suite de convocations.
Les commissions permanentes de suivi et de coordination ont examiné 247 dossiers. Leurs réunions ont débouché sur l’établissement de 267 procès-verbaux. Au total, 1 653 décisions de règlement concernant 28 secteurs ont été formulées au cours de l’année.
Le rapport annuel s’est également penché sur la capacité des administrations à donner suite aux recommandations. L’évaluation a porté sur leur mise en œuvre, l’exécution des décisions de règlement, leur incidence financière et les délais de traitement.
Le nombre de recommandations encore en suspens a reculé à 557 en 2025. Il s’élevait à 640 en 2024 et à 845 en 2023. Cette baisse du stock accumulé s’accompagne toutefois d’un allongement des délais d’exécution. Leur durée moyenne a atteint 815 jours, contre 672 jours en 2024, soit 143 jours supplémentaires.
Pour le Médiateur du Royaume, ces résultats témoignent d’un recours croissant à la médiation institutionnelle et d’un renforcement des outils de traitement, d’orientation et de règlement. Ils mettent aussi en évidence la nécessité d’améliorer la réactivité des administrations, de réduire les délais de réponse et d’exécution, et de consolider la médiation comme levier de confiance et de moralisation du service public.

