La question du dialogue entre religions et cultures s’est invitée mercredi soir à Lille lors d’une conférence consacrée à l’expérience marocaine en matière de coexistence et de tolérance. La rencontre, organisée par le Consulat général du Royaume du Maroc dans la ville du nord de la France, a rassemblé des personnalités issues de milieux divers, représentant différentes origines et confessions, ainsi que des membres de la communauté marocaine installée en France.
Dans son intervention, le consul général du Royaume à Lille, Abdelkader Abidine, a indiqué que cette initiative avait pour objectif de nourrir la réflexion autour de la cohabitation entre les trois religions abrahamiques. L’échange a pris pour point de départ l’expérience marocaine, présentée comme un exemple de dialogue inter-cultuel et de coexistence religieuse.
Le diplomate a rappelé que le Maroc s’est affirmé au fil du temps comme un pays qui favorise les passerelles de compréhension entre les peuples. Il a également souligné que l’identité religieuse du Royaume repose sur un Islam du juste milieu, dont S.M le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine, assure la protection et la continuité.
Dans cette perspective, il a évoqué l’Institut Mohammed VI pour la formation des imams, des prédicateurs et prédicatrices, créé en 2015 à l’initiative du Souverain afin de promouvoir un Islam fondé sur la modération et l’ouverture, au Maroc comme à l’international.
Abdelkader Abidine a aussi rappelé que les communautés chrétiennes ont toujours vécu dans le Royaume dans un climat de paix et de respect avec la majorité musulmane. Les églises y demeurent des lieux d’échanges et de transmission de valeurs de fraternité. Il a également évoqué la longue histoire de coexistence entre musulmans et juifs au Maroc, marquée par le respect mutuel.
Directeur général de l’Espace Culturel et Universitaire Juif d’Europe, Gad Ibgui a salué l’organisation de cette rencontre. Il a dit sa fierté de participer à un débat consacré au modèle marocain de tolérance, qu’il a présenté comme l’expression d’une culture du dialogue profondément ancrée dans l’histoire du Royaume et partagée par les Marocains de différentes confessions.
Selon lui, ces valeurs puisent à la fois dans la tradition et dans l’histoire. Le dialogue entre cultures et religions constitue aujourd’hui une nécessité et un moment de confiance mutuelle qui engage la responsabilité de chacun.
Imam référent et lauréat de l’Institut Mohammed VI pour la formation des imams, des prédicateurs et prédicatrices, Mohamed El Ouafi a pour sa part insisté sur la contribution des différentes religions à l’identité marocaine. Il a rappelé que cette pluralité a façonné la société et la culture du pays.
Il a cité à ce titre le musée du Judaïsme marocain à Casablanca, unique dans le monde arabe, qui témoigne de l’histoire de la présence juive dans le Royaume. Cette reconnaissance institutionnelle participe, selon lui, à renforcer l’image du Maroc comme un pays construit sur la diversité religieuse et culturelle.
La conférence s’est tenue en présence du préfet de la région Hauts-de-France, Bertrand Gaume. La soirée s’est achevée par un ftour multiconfessionnel organisé dans la tradition marocaine, offrant un moment de partage et de convivialité fidèle aux valeurs d’hospitalité et de vivre-ensemble associées au Royaume.

