Dans les salles de classe marocaines, le numérique s’impose progressivement comme un outil perçu favorablement par les enseignants. Selon les résultats de l’enquête internationale TALIS 2024, menée sous l’égide de l’Organisation de coopération et de développement économiques, 94 pour cent des enseignants du secondaire collégial estiment que les technologies numériques renforcent l’intérêt des élèves.
Réalisée au Maroc par l’Instance nationale d’évaluation relevant du Conseil supérieur de l’éducation de la formation et de la recherche scientifique, l’étude met en évidence une perception globalement positive. Près de neuf enseignants sur dix considèrent que ces outils améliorent les performances scolaires, tandis que 81 pour cent y voient un levier pour encourager le travail collaboratif en classe.
Cette appréciation s’accompagne toutefois de réserves. Une part importante des enseignants évoque les effets de distraction liés au numérique, une inquiétude exprimée par 44 pour cent au collège et 39 pour cent au primaire. L’usage de l’intelligence artificielle reste par ailleurs limité, avec des taux inférieurs aux moyennes internationales.
Présentée par Hicham Ait Mansour, l’enquête souligne également les caractéristiques du corps enseignant marocain. Relativement jeune, avec un âge moyen inférieur à 40 ans, il se distingue par une forte féminisation au primaire et une proportion notable de débutants. Cette configuration met en lumière des déséquilibres persistants, notamment la présence accrue d’enseignants peu expérimentés dans les zones les plus fragiles.
Sur le plan académique, la majorité des enseignants disposent d’un diplôme de licence, avec des taux supérieurs aux moyennes observées à l’international. La formation initiale repose principalement sur des parcours combinant savoir disciplinaire, pédagogie et pratique, bien que leur diffusion reste en deçà des standards internationaux.
L’enquête s’attarde aussi sur la gouvernance des établissements. Une large majorité des enseignants affirme être associée aux prises de décision, dans des proportions proches des références internationales. Le rôle des chefs d’établissement est globalement salué, notamment pour leur soutien et la qualité des retours fournis.
Dans les classes, les relations entre enseignants et élèves sont décrites comme positives. La grande majorité des enseignants affirme veiller au bien-être des élèves et accompagner ceux en difficulté.
Le niveau de satisfaction professionnelle apparaît également élevé. Une part importante des enseignants déclare avoir choisi ce métier par vocation et exprime un attachement marqué à l’acte d’enseigner, malgré les défis du quotidien.
Cette enquête internationale vise à éclairer les pratiques pédagogiques, les conditions d’exercice et les enjeux liés à l’intégration du numérique. Elle constitue un outil d’analyse pour orienter les politiques publiques en matière d’éducation et de formation.

