Le Maroc entend faire du travail de soin un pilier à part entière de sa politique sociale et économique. Une stratégie nationale consacrée à ce secteur a été présentée jeudi à Rabat par le ministère de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille.
Le projet part d’un constat largement partagé. L’accompagnement des enfants, des personnes âgées, des malades ou des personnes en situation de dépendance repose encore largement sur les familles, et plus particulièrement sur les femmes.
La nouvelle stratégie vise à répartir cette responsabilité entre l’État, les ménages, les collectivités territoriales, le secteur privé, les partenaires sociaux et les acteurs de l’économie sociale et solidaire.
Naima Ben Yahia a défendu une transformation profonde de la manière dont ce travail est perçu et organisé. Pour la ministre de la Solidarité, l’économie des soins doit désormais être considérée comme un levier de protection sociale, d’emploi et d’inclusion économique.
Cette orientation intervient dans un contexte marqué par des évolutions démographiques et sociales qui renforcent les besoins en accompagnement. Le gouvernement veut donc construire une offre plus structurée, mieux répartie entre les territoires et accessible aux différentes catégories de la population.
La stratégie prévoit également de mieux reconnaître les professionnels du secteur, d’améliorer leur formation et de renforcer les normes sociales destinées à garantir leurs droits.
Cinq axes guideront sa mise en œuvre. Ils concernent le développement de l’offre de services, l’équité territoriale, l’attractivité des métiers du soin, le financement du système et l’amélioration de sa gouvernance.
Le président du Conseil économique, social et environnemental, Abdelkader Amara, a estimé que l’enjeu principal résidera désormais dans la traduction de cette vision en services accessibles, en emplois qualifiés et en mécanismes de financement durables.
Plusieurs partenaires internationaux ont salué cette démarche. L’Agence française de développement a annoncé son soutien à la mise en œuvre de la stratégie, tandis que des représentants de la Suisse, de la Suède, de l’Organisation internationale du Travail et d’ONU Femmes ont mis en avant son caractère structurant.
Le projet cherche ainsi à faire reconnaître le soin comme une responsabilité collective, mais aussi comme un secteur capable de créer de l’emploi, de soutenir l’égalité entre les femmes et les hommes et de renforcer la cohésion sociale.

