Le Maroc et l’Organisation internationale du Travail ont annoncé à Genève le lancement d’une campagne mondiale contre le travail des enfants, baptisée « Carton rouge ». Cette initiative, à forte portée symbolique, sera officiellement dévoilée à Marrakech, lors de la 6e Conférence mondiale sur l’élimination du travail des enfants, prévue du 11 au 13 février.
La campagne s’étendra sur toute l’année 2026, avec plusieurs temps forts, notamment la Journée mondiale contre le travail des enfants, le 12 juin, et les grands événements sportifs internationaux à venir, dont la Coupe du monde de football, organisée du 11 juin au 19 juillet par le Canada, les États-Unis et le Mexique.
Lors d’une conférence de presse virtuelle, l’ambassadeur représentant permanent du Royaume à Genève, Omar Zniber, et Vera Paquete-Perdigão, directrice du département Gouvernance et Tripartisme de l’OIT, ont symbolisé le lancement de cette campagne en apparaissant côte à côte, chacun tenant un carton rouge.
Le message est volontairement simple et universel. À l’image de ce qui se passe sur un terrain de sport, où le carton rouge marque une faute grave, le geste entend signifier que les limites sont franchies et qu’il faut mettre un terme immédiat à des pratiques inacceptables. Il s’agit ici de dénoncer toutes les formes de travail des enfants, en particulier les plus dangereuses, qui touchent encore 54 millions de mineurs dans le monde, sur un total de 138 millions, selon les dernières estimations de l’OIT et de l’UNICEF.
Au-delà de la dénonciation, la campagne veut mobiliser. Chaque citoyen, où qu’il soit, est invité à imprimer un carton rouge depuis le site de l’OIT, à se photographier en le brandissant et à partager l’image sur les réseaux sociaux en utilisant le hashtag #EndChildLabour. L’idée est de faire du geste un acte collectif mondial.
Lancée initialement en 2002, l’opération « Carton rouge » renaît aujourd’hui avec une urgence renouvelée, portée par le Maroc et l’OIT, dans un contexte où le travail des enfants continue d’ôter à des millions de jeunes leur droit à l’éducation, au jeu et à une enfance protégée. Elle entend rappeler que cette réalité n’est pas une fatalité, mais un combat à mener, à tous les niveaux.
