Le Japon a enregistré 705.809 naissances en 2025, en baisse de 2,1 % sur un an, selon des données préliminaires publiées par le ministère de la Santé. Il s’agit du dixième recul annuel consécutif, confirmant l’enracinement de la crise démographique dans l’archipel.
Quatrième économie mondiale, le pays continue de voir sa population diminuer. D’après le ministère des Affaires intérieures, elle s’élevait en février à 122,86 millions d’habitants, soit 580.000 de moins qu’un an auparavant.
En 2025, 1.605.654 décès ont été recensés, un chiffre en léger repli par rapport à 2024 (–13.030). Les statistiques font également état de 505.656 mariages (+1,1 %) et de 182.969 divorces (–3,7 %).
Ces données illustrent l’ampleur du défi auquel est confrontée la Première ministre Sanae Takaichi. Devant le Parlement, elle a récemment qualifié la baisse de la natalité et le déclin démographique d’« état d’urgence silencieux » susceptible d’éroder progressivement la vitalité du pays.
Le recul de la population entraîne des conséquences structurelles majeures : pénuries de main-d’œuvre, hausse des dépenses sociales, contraction de l’assiette fiscale et aggravation d’une dette publique déjà la plus élevée parmi les grandes économies.
Dans les zones rurales, près de quatre millions de maisons seraient aujourd’hui abandonnées, tandis que plus de 40 % des municipalités seraient menacées de disparition, selon une étude récente.
La question migratoire, régulièrement évoquée comme levier potentiel pour freiner le déclin, demeure sensible sur le plan politique. Sous la pression du parti anti-immigration Sanseito, la cheffe du gouvernement, dont le Parti libéral-démocrate a obtenu une majorité des deux tiers à la chambre basse lors des législatives du 8 février, a promis un durcissement des règles en matière d’immigration.

