Les réseaux sociaux se ferment progressivement aux adolescents dans un nombre croissant de pays. Au moins une vingtaine d’États ont déjà imposé des restrictions ou préparent des mesures visant principalement les moins de 15 ou 16 ans.
Cinq pays appliquent déjà des contrôles. L’Australie interdit depuis décembre 2025 l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Au Brésil, une loi entrée en vigueur en mars oblige les plateformes à vérifier l’âge des utilisateurs et à rattacher les comptes des moins de 16 ans à ceux de leurs parents.
La Chine a renforcé par étapes son encadrement des usages numériques des mineurs. Après les restrictions horaires imposées aux jeux en ligne, les limitations ont été étendues en 2023 aux réseaux sociaux et aux plateformes de diffusion de contenus.
L’Indonésie exclut les moins de 16 ans des réseaux sociaux depuis mars. Une mesure similaire est appliquée en Malaisie depuis juin.
D’autres pays ont déjà fixé leur calendrier. En Turquie, une loi adoptée en avril interdira les réseaux sociaux aux moins de 15 ans à la fin de l’année 2026. Les Émirats arabes unis ont également annoncé une interdiction visant cette tranche d’âge, avec une entrée en vigueur prévue dans un délai d’un an.
En Europe, plusieurs gouvernements avancent dans la même direction. La Grèce prévoit d’interdire l’accès aux moins de 15 ans à partir de janvier 2027. L’Autriche et la Slovénie travaillent sur des textes visant respectivement les moins de 14 et de 15 ans.
En Allemagne, une commission d’experts a proposé soit une interdiction graduée selon l’âge, soit des restrictions adaptées à chaque plateforme. La Suède envisage une interdiction aux moins de 15 ans à compter de 2028, tandis que le Danemark prépare une mesure similaire.
L’Irlande pourrait également légiférer en l’absence de décision commune au niveau européen. Un comité d’experts doit remettre ses recommandations à la Commission européenne, qui devrait arrêter sa position avant la fin de l’été.
Hors de l’Union européenne, la Norvège prépare un projet de loi visant les moins de 16 ans. Le Canada a présenté en juin un texte fixant le même âge minimum.
Au Royaume-Uni, le Premier ministre démissionnaire Keir Starmer a annoncé une loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, avec une application envisagée au début de 2027. En Inde, plusieurs États étudient aussi des restrictions, tandis que le gouvernement poursuit ses discussions avec les plateformes.
Dans plusieurs pays, les textes sont encore examinés par les parlements. En France, une proposition de loi adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale a été modifiée par le Sénat. Celui-ci a limité l’interdiction aux plateformes considérées comme les plus nocives. Une version définitive est attendue dans les prochaines semaines.
Le Portugal envisage de fixer à 16 ans l’âge permettant un accès autonome aux plateformes, aux jeux et aux applications. En Espagne, un projet de loi prévoit de relever de 14 à 16 ans l’âge minimum d’inscription sur les réseaux sociaux. L’Italie examine de son côté une interdiction visant les moins de 15 ans.
La multiplication de ces initiatives montre une volonté commune de mieux encadrer l’accès des adolescents aux plateformes. Les gouvernements doivent toutefois encore définir les méthodes de vérification de l’âge et le niveau de responsabilité imposé aux entreprises du numérique.

