Visa veut occuper une place de choix dans la prochaine étape du commerce numérique. Le groupe a présenté de nouvelles capacités autour de l’intelligence artificielle, de la tokenisation et des stablecoins, à destination de ses clients de la région CEMEA, qui couvre l’Europe centrale et orientale, le Moyen-Orient et l’Afrique.
Les annonces interviennent avant le Visa Payments Forum, prévu le 1er juillet à Paris. Elles traduisent une évolution du paiement sur deux fronts. L’intelligence artificielle transforme la manière dont les transactions sont initiées et sécurisées. Les stablecoins, eux, commencent à modifier les mécanismes de règlement et de transfert de valeur.
La progression de la tokenisation donne la mesure du basculement. Dans la région CEMEA, la part des transactions tokenisées traitées par Visa est passée de 26 pour cent en 2023 à 70 pour cent en 2026. Cette technologie, utilisée pour sécuriser les paiements numériques, devient un socle pour les nouveaux usages liés au commerce en ligne, au mobile et aux futures transactions pilotées par l’IA.
Visa prévoit d’enrichir les données associées aux tokens. L’objectif est de mieux renseigner le contexte d’une transaction, l’usage du token et l’identité de l’initiateur du paiement. Le groupe introduit aussi un signal de fiabilité, calculé à partir de l’historique d’émission et du comportement du token au cours de son cycle de vie.
Sur le front de l’intelligence artificielle, Visa met en avant Visa Intelligent Commerce, sa plateforme dédiée au commerce agentique. Elle doit permettre à des agents IA de rechercher, d’initier et d’effectuer des transactions pour le compte de consommateurs ou d’entreprises, dans un cadre contrôlé.
Le groupe lance aussi Agent Score, développé avec New Generation. Cet outil permet aux commerçants de mesurer la capacité de leurs sites à être compris et utilisés par des agents IA. Avec Agentic Directory, Visa met en place un annuaire des agents IA et des commerçants dont la légitimité a été vérifiée, afin de renforcer la confiance entre les différents acteurs.
Les stablecoins constituent l’autre chantier majeur. Depuis le lancement des capacités de règlement en stablecoins dans la région CEMEA, il y a un an, les volumes de règlement ont été multipliés par près de 60. Visa indique avoir déjà traité, via VisaNet, plusieurs milliards de dollars en stablecoins depuis ses premiers projets pilotes lancés début 2025, avec un rythme annualisé d’environ 7 milliards de dollars à fin mars 2026.
Avec Tokenized Deposits, Visa travaille également sur une infrastructure permettant aux banques de convertir des dépôts traditionnels en monnaie numérique programmable, disponible en continu, tout en gardant les fonds inscrits à leur bilan.
Les banques émettrices peuvent déjà effectuer des règlements sur blockchain sept jours sur sept avec Visa. Le groupe veut désormais étendre cette capacité aux acquéreurs, afin d’augmenter la fréquence et la flexibilité des règlements dans l’écosystème.
Visa poursuit en parallèle ses programmes de cartes adossées à des stablecoins. Plus de 160 programmes sont déjà déployés ou en cours de développement dans le monde, avec l’objectif de permettre aux consommateurs et aux entreprises d’utiliser leurs avoirs en stablecoins partout où Visa est acceptée.
Le groupe ajoute enfin un volet lié à l’exploitation des données. Visa Trip Intelligence, lancé dans la région CEMEA, combine les données de VisaNet avec des données tierces afin d’identifier les intentions de voyage, de générer des itinéraires personnalisés et d’aider les banques à proposer des services adaptés avant même qu’une transaction ne soit effectuée.
Avec ces annonces, Visa cherche à structurer un environnement de paiement plus automatisé, plus programmable et plus sécurisé. Entre agents IA, tokens enrichis et règlements en stablecoins, le groupe prépare une architecture où la confiance devient aussi importante que la vitesse d’exécution.

