Le Maroc se trouve en première ligne face à l’accélération du réchauffement en Afrique du Nord. Dans son rapport sur l’état du climat en Afrique en 2025, l’Organisation météorologique mondiale décrit cette sous-région comme celle qui se réchauffe le plus rapidement sur le continent.
Cette évolution intervient dans un contexte déjà marqué par plusieurs années de déficit pluviométrique et par un stress hydrique élevé. Le rapport souligne la progression de l’aridité en Afrique du Nord, avec des sécheresses météorologiques, hydrologiques et agricoles qui pèsent sur les écosystèmes, l’agriculture, l’approvisionnement en eau et plusieurs activités économiques.
Le littoral méditerranéen nord-africain a encore enregistré des précipitations inférieures à la normale en 2025. Certaines zones du nord-ouest du continent ont connu des pluies au-dessus de la moyenne, après plusieurs années déficitaires, mais cette amélioration reste insuffisante pour effacer les effets d’une sécheresse installée dans la durée.
Pour le Maroc, la pression ne se limite pas au manque d’eau. L’élévation du niveau de la mer constitue un autre risque majeur, notamment sur la façade atlantique, où la hausse dépasse désormais la moyenne mondiale dans plusieurs zones africaines. Avec plus de 3.500 kilomètres de côtes, le Royaume est exposé à l’érosion, aux submersions marines et à la dégradation des écosystèmes littoraux.
Le réchauffement et l’acidification des océans figurent aussi parmi les menaces relevées par l’OMM. Ces phénomènes peuvent modifier les équilibres de la biodiversité marine, affecter la répartition de certaines espèces et fragiliser les activités liées à la pêche et à l’économie maritime.
À l’échelle du continent, le rapport dresse un tableau préoccupant. Les événements météorologiques et climatiques extrêmes ont touché au moins 13 millions de personnes en Afrique en 2025 et provoqué plus de 3.000 décès. Les inondations ont représenté plus de la moitié des phénomènes extrêmes signalés, tandis que la sécheresse a affecté plus de 8,5 millions de personnes en Afrique de l’Est.
L’OMM rappelle que l’Afrique se réchauffe plus vite que la moyenne mondiale. Depuis 1991, le rythme de hausse des températures est nettement supérieur à celui observé lors des décennies précédentes. Face à cette accélération, l’organisation appelle les pays africains à renforcer les systèmes d’alerte précoce, les politiques d’adaptation et les stratégies de résilience.
Pour le Maroc, l’enjeu est donc double. Il s’agit de faire face à l’urgence hydrique déjà visible, tout en anticipant des risques climatiques plus larges, des côtes aux terres agricoles, dans une région où le changement climatique avance plus vite qu’ailleurs sur le continent.

