Essaouira accueillera du 25 au 27 juin 2026 la 27e édition du Festival Gnaoua et Musiques du Monde. Pendant trois jours, la ville réunira 460 artistes venus du Maroc et de plusieurs continents pour une nouvelle célébration du dialogue des cultures par la musique.
Depuis près de trois décennies, le festival a imposé une identité singulière. Il ne se contente pas de juxtaposer les styles. Il les fait se rencontrer, se répondre et parfois se transformer. Les traditions gnaoua y croisent les grandes voix africaines, les musiques amazighes, le jazz spirituel, les sonorités urbaines, l’électronique et les formes contemporaines.
Cette édition accueillera l’un de ses grands moments avec le retour de Carlinhos Brown. Percussionniste, compositeur, chanteur et performeur brésilien, l’artiste incarne l’héritage afro-brésilien de Bahia. Son univers mêle samba-reggae, rythmes africains, musiques populaires brésiliennes et recherches sonores contemporaines. Son passage à Essaouira s’annonce comme l’un des temps forts du programme.
Richard Bona fera également partie de cette affiche. Le bassiste, chanteur et compositeur camerounais retrouvera sur scène Asma Lmnawar, figure majeure de la chanson arabe contemporaine. Les deux artistes interpréteront ensemble deux titres, dans une rencontre qui devrait compter parmi les moments les plus attendus du festival.
La ferveur du gospel afro-américain sera portée par The Harlem Spirit of Gospel by Anthony Morgan. Le groupe fera entendre à Essaouira la puissance des grandes traditions chorales des églises noires américaines, avec des voix collectives, des harmonies denses et une énergie scénique profondément communicative.
La programmation internationale fera aussi place à Yasmine Hamdan. L’artiste libanaise, voix importante de la scène alternative arabe, navigue entre électronique, pop expérimentale et mémoire musicale du Levant. Le groupe palestinien 47Soul apportera de son côté son Shamstep, un mélange nerveux de musique électronique, de hip-hop et de dabké levantin.
Ganavya proposera un univers plus spirituel. Née à New York et élevée dans le sud de l’Inde, la chanteuse développe une approche à la croisée des traditions dévotionnelles sud-asiatiques et du jazz spirituel. Son projet Daughter of a Temple est pensé comme un espace d’écoute, d’improvisation et de rassemblement.
La scène marocaine occupera une place centrale dans cette édition. Oudaden portera l’héritage amazigh du Souss, avec une œuvre construite depuis 1978 autour de la mémoire populaire, de la langue tachelhit et de la modernisation de l’héritage des Rways.
Hoba Hoba Spirit retrouvera aussi le public d’Essaouira. Le groupe casablancais poursuit une trajectoire entamée il y a plus de vingt-cinq ans, entre rock, grooves africains, reggae, influences gnaoua et textes ancrés dans les réalités marocaines.
Le festival présentera également Bob Maghrib, projet né d’une résidence de création lancée en 2011. Cette formation revisite l’héritage de Bob Marley à travers les sonorités du Maghreb, en mêlant reggae jamaïcain, rythmes africains et instruments traditionnels marocains.
Bnat Louz et Raskas porteront enfin AZMZ, qui signifie Air du temps en amazigh. Cette création immersive réunit la troupe féminine Ahwach Bnat Louz de Tafraout et le duo casablancais Raskas. Chants polyphoniques amazighs, rythmes du Souss, textures électroniques, post-rock et création visuelle contemporaine s’y répondent dans une proposition scénique très actuelle.
À travers cette 27e édition, le Festival Gnaoua et Musiques du Monde confirme son rôle de grand rendez-vous culturel international. À Essaouira, la musique devient un terrain de circulation, de mémoire et d’invention, où chaque concert cherche moins à effacer les différences qu’à les faire dialoguer.

