Le Maroc renforce son positionnement dans les standards internationaux en matière de gouvernance. Dans un rapport publié à Paris, l’Organisation de coopération et de développement économiques souligne l’alignement du Royaume sur ses critères en matière de lutte contre la corruption et d’intégrité publique.
Le document revient sur la stratégie nationale de lutte contre la corruption couvrant la période 2015-2025, présentée comme un cadre structurant visant à consolider l’État de droit, la transparence et la reddition des comptes. Cette approche s’appuie sur plusieurs institutions mises en place ces dernières années, notamment la Commission nationale anticorruption créée en 2017 pour piloter la mise en œuvre de cette stratégie et renforcer la coopération internationale.
Le rapport met également en avant le rôle de l’Instance Nationale de la Probité de la Prévention et de la Lutte contre la Corruption, chargée de coordonner les politiques publiques dans ce domaine et de formuler des recommandations à partir d’analyses régulières.
Sur le plan des indicateurs, le Maroc dépasse les moyennes observées au sein de l’OCDE. Le Royaume remplit 73 pour cent des critères relatifs à la solidité du cadre stratégique et 53 pour cent en pratique, contre respectivement 38 pour cent et 32 pour cent pour l’Organisation. Les résultats sont encore plus marqués en matière de financement de la vie politique, avec un taux de conformité de 100 pour cent tant sur le plan réglementaire que dans sa mise en œuvre, alors que la moyenne de l’OCDE reste nettement inférieure.
Le cadre juridique marocain interdit notamment les dons anonymes ainsi que les contributions émanant d’États étrangers ou d’entités publiques et privées étrangères. Il impose également des plafonds pour les financements de campagnes et oblige les partis politiques à produire des rapports financiers réguliers. Selon le rapport, ces obligations sont respectées dans la pratique, les formations politiques ayant transmis leurs comptes dans les délais prévus.
Le contrôle est assuré par la Cour des comptes, qui publie les rapports et dispose d’un pouvoir de sanction en cas de manquement.
En matière d’accès à l’information, le Maroc affiche également des résultats supérieurs à la moyenne de l’OCDE sur le plan réglementaire, avec 78 pour cent des critères remplis. La loi dédiée encadre la transparence de l’information publique, tandis que la Commission du droit d’accès à l’information veille à son application. L’Agence de Développement du Digital contribue pour sa part à la diffusion des données publiques et au développement de l’open data.
Le rapport souligne enfin que le Royaume met à disposition plusieurs jeux de données liés à l’intégrité publique, notamment les agendas gouvernementaux, les informations sur les marchés publics et les registres fonciers, illustrant une volonté de renforcer la transparence institutionnelle.

