Le maintien du GMT+1 au Maroc continue d’alimenter le débat. Dans une note analytique publiée cette semaine, le Centre africain d’études stratégiques et numériques estime que ce choix horaire produit des effets mesurables sur la qualité de vie, sans que ses bénéfices économiques et énergétiques n’aient été clairement établis.
Selon le centre, l’écart entre l’heure légale et l’heure solaire en période hivernale perturbe le rythme biologique d’une partie importante de la population. Le sommeil s’en trouve raccourci, la vigilance matinale fragilisée et les élèves figurent parmi les plus exposés, en raison d’un cycle biologique naturellement plus tardif à l’adolescence.
L’analyse souligne que l’obscurité aux premières heures du jour pèse sur les conditions d’apprentissage et de travail. Les trajets matinaux effectués avant le lever du soleil accentuent la fatigue et alimentent un sentiment d’insécurité, notamment pour les élèves et les salariés contraints de quitter leur domicile très tôt.
Sur le plan économique, la note relativise l’argument de la synchronisation avec l’Union européenne. Si le décalage favorise certaines activités d’offshoring et des segments exportateurs, il réduit en parallèle la coïncidence horaire avec d’autres places financières majeures comme Londres ou New York. Les auteurs estiment par ailleurs que la montée en puissance du numérique et de l’automatisation atténue progressivement la nécessité de partager les mêmes créneaux horaires.
Le centre regrette l’absence de publication détaillée de l’étude gouvernementale menée en 2018 et appelle à rendre accessibles les données relatives à la consommation énergétique et à la sécurité routière, afin de permettre une évaluation indépendante.
À court terme, il propose un ajustement hivernal des horaires d’entrée des administrations et des établissements scolaires à neuf heures pour limiter l’impact du décalage matinal. Plus largement, il recommande l’organisation d’une consultation nationale intégrant des indicateurs précis liés au sommeil, à la fatigue, à l’absentéisme et aux performances scolaires, afin d’arbitrer entre logique économique et bien-être collectif.

