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Soutien social direct : le Maroc dévoile son plan de financement

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Face aux questions persistantes sur la viabilité financière du soutien social direct, le gouvernement apporte des éclaircissements. Dans une réponse écrite adressée au groupe parlementaire du Mouvement populaire, Fouzi Lekjaâ, ministre délégué chargé du Budget, expose les fondations budgétaires sur lesquelles repose ce dispositif majeur, pilier du chantier de généralisation de la protection sociale engagé sous l’impulsion de S.M. le Roi Mohammed VI.

Le message est clair : cette aide, pensée pour durer, ne relève pas d’un simple effort conjoncturel. Elle repose sur une architecture financière conçue pour être stable, durable et diversifiée.

Première brique de cette nouvelle organisation : le Fonds d’appui à la protection sociale et à la cohésion sociale. Cet instrument centralise les financements publics jusque-là répartis entre plusieurs dispositifs (Tayssir, RAMED, aide aux veuves, Fonds de solidarité familiale) désormais fusionnés ou réorientés. Cette approche vise à renforcer la cohérence de l’action sociale tout en optimisant l’utilisation des ressources.

Le programme cible les ménages les plus vulnérables, incluant les foyers avec enfants scolarisés, les personnes en situation de handicap, les familles sans ressources avec enfants en bas âge, mais aussi les foyers pauvres sans enfants. L’aide mensuelle varie entre 500 et 1.500 dirhams selon la composition du foyer. Objectif : atteindre près de 60 % des citoyens jusque-là exclus des allocations familiales. Depuis son lancement en décembre 2023, le dispositif a mobilisé 49 milliards de dirhams.

Pour soutenir cet effort sans fragiliser l’équilibre budgétaire, plusieurs contributions fiscales ont été instaurées. Parmi elles, la contribution sociale de solidarité sur les revenus des entreprises, des taxes spécifiques sur le tabac, les pneus ou encore les appareils énergivores, mais aussi les contrats d’assurance et les jeux de hasard. En 2024, les recettes fiscales ordinaires ont grimpé à 313 milliards de dirhams, contre 275 milliards en 2023. Une dynamique qui s’est répercutée sur le Fonds d’appui, dont les revenus ont bondi de près de 60 %.

Le gouvernement s’appuie aussi sur la réallocation des économies issues de la réforme du système de compensation. Ces montants, autrefois destinés aux subventions générales, sont désormais redirigés vers le soutien social direct et l’AMO Tadamon, le régime de couverture santé destiné aux plus démunis. Cette bascule vise une meilleure efficacité dans la redistribution des ressources publiques.

Au cœur de ce dispositif : une volonté politique assumée de bâtir un modèle social pérenne. La combinaison de recettes fiscales dédiées, d’une meilleure gestion budgétaire et d’un ciblage plus fin des bénéficiaires constitue, selon Fouzi Lekjaâ, la clé de voûte de cette réforme. Il s’agit non seulement de garantir la continuité du soutien, mais aussi de poser les bases d’un modèle redistributif plus juste et plus transparent.

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