La stratégie de Ryanair en Espagne évolue sans inflexion. La compagnie confirme le retrait de 1,2 million de sièges dans les aéroports régionaux pour la saison estivale, prolongeant une réduction engagée depuis plusieurs mois.
Au total, près de trois millions de sièges ont été supprimés en l’espace de 18 mois sur le marché espagnol. Cette orientation s’accompagne toutefois d’un repositionnement vers les grands hubs, où la capacité globale reste maintenue.
Le directeur général de la compagnie, Eddie Wilson, a justifié ces choix par le niveau des redevances appliquées par Aena, jugé peu compétitif pour les plateformes régionales. Plusieurs aéroports ont ainsi été progressivement délaissés, notamment dans les Asturies, à Valladolid, Jerez, Tenerife Nord ou Vigo, tandis que d’autres ont vu leur activité fortement réduite.
Dans le même temps, Ryanair poursuit son développement sur d’autres destinations jugées plus attractives. Le Maroc enregistre une progression de 11 % de l’offre, devant l’Italie, également en hausse. Cette réorientation traduit un arbitrage en faveur de marchés touristiques considérés comme plus compétitifs.
La compagnie met en cause les perspectives d’augmentation des redevances prévues dans le cadre du programme DORA III, évoquant un risque d’aggravation du sous-emploi des infrastructures régionales, estimé à près de 70 %.
Dans ce contexte, Ryanair plaide pour une révision de la politique tarifaire, avec des mesures incitatives destinées à relancer le trafic sur ces plateformes. Selon ses projections, un ajustement des coûts pourrait soutenir une croissance significative, avec un objectif de 77 millions de passagers annuels en Espagne à l’horizon 2031.

