Le Bureau régional de l’UNESCO pour le Maghreb a salué, lundi à Rabat, le rôle scientifique de l’Institut National de la Recherche Agronomique dans la préservation du patrimoine génétique et de la biodiversité du Maroc. Cette reconnaissance a été exprimée par son directeur, Charaf Ahmimed, lors d’une visite au jardin d’essais botanique de l’INRA.
La rencontre a mis en avant la convergence entre les missions de l’UNESCO et celles de l’INRA autour de la protection de l’environnement, de la transmission des savoirs et de la sauvegarde des ressources naturelles. Pour Charaf Ahmimed, la recherche agronomique marocaine apporte une contribution importante à l’élaboration des politiques publiques face aux défis climatiques.
Le responsable onusien a souligné la complémentarité entre les deux institutions. L’INRA travaille sur la terre, l’eau, les plantes et les ressources génétiques, tandis que l’UNESCO s’attache à préserver les savoirs, les mémoires et les pratiques qui accompagnent ces patrimoines.
Cette coopération devrait se traduire par des projets concrets, notamment à travers l’initiative « La route du patrimoine » à Figuig. Présentée comme un laboratoire vivant, elle associe recherche scientifique, gestion des ressources en eau et implication des coopératives de femmes et de jeunes.
De nouvelles pistes de collaboration sont également envisagées. Elles concernent les sciences ouvertes pour le partage des données de recherche, ainsi que l’éthique de l’intelligence artificielle appliquée aux sciences agricoles, en partenariat avec le centre AI Movement de l’Université Mohammed VI Polytechnique.
La directrice de l’INRA, Lamiae Ghaouti, a rappelé le caractère stratégique du partenariat avec l’UNESCO. Elle a notamment souligné l’accompagnement de l’organisation dans la reconnaissance internationale du Jardin d’essais botaniques de Rabat, un site centenaire d’expérimentation situé au cœur de la capitale.
La conservation de la biodiversité agricole reste, selon elle, une priorité centrale pour l’Institut. Le premier des 15 programmes de recherche à moyen terme de l’INRA est entièrement consacré à la préservation des ressources génétiques du Royaume.
Lamiae Ghaouti a aussi rappelé que l’INRA est le principal dépositaire des collections vivantes et des banques de gènes nationales. Cette mission lui confère un rôle clé dans la protection du patrimoine agricole marocain et dans la consolidation de l’expertise scientifique du pays.
Le partenariat avec l’UNESCO pourrait également ouvrir la voie à l’inscription de nouveaux savoir-faire agricoles marocains au patrimoine immatériel mondial. Il doit aussi renforcer le positionnement du Maroc comme acteur régional capable de partager son expertise, notamment avec les pays africains.
Cette rencontre pose les bases d’une coopération élargie entre culture, éducation et recherche agronomique. L’objectif est de mieux protéger les écosystèmes fragiles du Royaume, en particulier les oasis et les zones arides.

