Les recettes fiscales du Maroc ont dépassé les 342 milliards de dirhams à la fin de l’année 2025, selon les données publiées par le ministère de l’Économie et des Finances. Ce niveau marque une hausse de 14,7 % par rapport à 2024, avec un taux de réalisation de 106,9 % par rapport aux prévisions inscrites dans la loi de finances.
Les remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux, y compris la part supportée par les collectivités territoriales, ont atteint 26,1 milliards de dirhams, soit une augmentation de 3,1 milliards en un an.
Par poste, l’impôt sur les sociétés (IS) affiche une progression notable. Il a généré 91,2 milliards de dirhams, en hausse de 28,6 % (+20,3 MMDH), avec un taux de réalisation de 125,1 %. Cette performance est portée par la hausse du complément de régularisation, qui atteint 20,1 milliards de dirhams (+51,9 %), et par l’augmentation des acomptes, qui s’élèvent à 14,1 milliards. Les restitutions liées à cet impôt ont également augmenté, passant de 2,4 à 3,4 milliards de dirhams.
L’impôt sur le revenu (IR), pour sa part, a progressé de 9,4 %, soit +5,6 milliards, avec un taux de réalisation de 107,4 %. Cette évolution est principalement liée à l’effet de la régularisation fiscale volontaire opérée en janvier 2025, qui a généré 3,8 milliards de dirhams, ainsi qu’à la hausse des prélèvements à la source sur les plus-values mobilières (+936 millions de dirhams) et à l’action de recouvrement de l’administration fiscale (+619 millions).
Concernant la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), les recettes se sont établies à 97,5 milliards de dirhams, en progression de 8,3 milliards (+9,3 %), malgré un taux de réalisation légèrement en retrait (96,8 %). Cette croissance provient à la fois de la TVA à l’importation (+8,2 %) et de la TVA sur les opérations intérieures (+11,5 %).
Les taxes intérieures de consommation (TIC) ont également connu une hausse, avec des recettes atteignant 41,2 milliards de dirhams, soit +5 milliards (+13,8 %) et un taux de réalisation de 112,5 %. Cette dynamique est tirée par les produits énergétiques (+15,7 %) et les tabacs (+11,7 %). L’augmentation des TIC sur les produits énergétiques résulte notamment de la suppression des exonérations prévues dans la loi de finances 2025, ainsi que de la révision à la hausse des quotités sur plusieurs produits, dont les huiles lubrifiantes, le fioul lourd et les bitumes.
Les droits de douane ont, quant à eux, progressé de 12,9 %, pour atteindre 17,5 milliards de dirhams, avec un taux de réalisation de 80,6 %. Cette évolution s’explique par une hausse de 10 % des importations mises à la consommation.
Enfin, les droits d’enregistrement et de timbre affichent un taux de réalisation de 109,7 %, en ligne avec les prévisions de la loi de finances.
Ces données figurent dans la Situation des charges et ressources du Trésor (SCRT), document de référence du ministère de l’Économie et des Finances, qui permet d’apprécier l’exécution budgétaire selon une approche fondée sur les flux économiques, en complément des données comptables produites par la Trésorerie Générale du Royaume.
