L’Institution du Médiateur du Royaume poursuit son engagement pour une fonction publique plus équitable. Mercredi à Rabat, son responsable, Hassan Tariq, a affirmé que le programme « Vers une administration de l’égalité » vise à inscrire l’approche genre au cœur de l’action administrative, en garantissant un accès équitable aux services publics.
Intervenant lors du troisième atelier national consacré à cette initiative, placé sous le thème de la recherche scientifique au service de l’égalité administrative, Hassan Tariq a souligné que ce programme ambitionne de dévoiler les zones d’inégalité encore présentes dans les référentiels juridiques et les pratiques des administrations. Il ne s’agit pas uniquement de corriger des textes, mais aussi de repenser les représentations culturelles qui freinent l’effectivité des droits. Pour lui, l’égalité ne peut s’imposer que si elle est portée et comprise par la société, d’où la nécessité d’un effort pédagogique constant.
Cette rencontre s’inscrit dans une année symbolique pour l’Institution du Médiateur, marquée par le 25e anniversaire de la création de Diwan Al Madhalim, première structure marocaine de médiation administrative. Cet anniversaire, déclaré « Année de la médiation administrative 2026 », est l’occasion, selon M. Tariq, de revenir sur les évolutions réglementaires et institutionnelles qui ont façonné cette mission de justice et d’équité au sein de l’administration.
À travers ce programme, l’Institution entend également proposer des amendements concrets aux dispositions juridiques identifiées comme discriminatoires, et soutenir l’élaboration d’une vision institutionnelle cohérente en matière d’égalité des genres. Le dispositif prévoit la rédaction d’un rapport analytique de référence, qui recensera les conclusions des travaux menés et alimentera le rapport annuel du Médiateur.
Un autre volet du programme porte sur la création d’une feuille de route législative pour passer en revue les lois concernées, avec en ligne de mire la mise en place d’un mécanisme de veille chargé d’évaluer, sur la durée, la conformité des textes à l’exigence d’égalité.
L’atelier tenu à Rabat a réuni plusieurs chercheurs et universitaires, appelés à réfléchir au rôle de la recherche scientifique dans l’élaboration des politiques publiques liées à l’égalité. Les échanges ont porté sur les moyens d’articuler pensée académique, projet institutionnel et réformes juridiques, pour faire émerger une administration plus inclusive et conforme aux principes de bonne gouvernance.

