Le Maroc tourne enfin la page d’une sécheresse qui aura duré sept ans. À la faveur des précipitations soutenues et des importantes chutes de neige enregistrées depuis décembre, les indicateurs hydriques du pays repartent à la hausse. C’est ce qu’a annoncé, ce lundi 12 janvier à Rabat, le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, en réponse à une question orale à la Chambre des représentants.
Entre le 1er septembre 2025 et le 12 janvier 2026, les précipitations cumulées ont atteint 108 mm, soit un excédent de 95 % par rapport à l’année précédente, et de 17,6 % par rapport à la moyenne saisonnière. Selon le ministre, ces chiffres permettent d’affirmer que le Royaume est officiellement sorti de la phase de sécheresse, une situation hydrique qualifiée de critique depuis plusieurs années.
Les chutes de neige exceptionnelles ont également joué un rôle déterminant. Elles ont recouvert jusqu’à 55.000 km² du territoire avant de se stabiliser à environ 25.000 km², avec des hauteurs variant de un à deux mètres dans les zones situées au-delà de 2.500 mètres d’altitude.
L’effet sur les réserves en eau est direct : le taux de remplissage national des barrages est passé de 28 % à 46 % en un an, représentant un volume total de 7,7 milliards de mètres cubes. Les apports sur cette période atteignent 3,5 milliards de m³, dont 3,1 milliards en seulement un mois. Dans huit bassins hydrauliques, plusieurs grands barrages affichent des taux supérieurs à 80 %, voire 100 %, nécessitant parfois des lâchers d’eau préventifs, comme ce fut le cas au barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah (Bouregreg), désormais rempli à 92 %.
Parmi les infrastructures citées figurent les barrages de Oued El Makhazine, Charif Al Idrissi, Nakhla, Chefchaouen, Ibn Battouta, Allal El Fassi, Bab Louta et Bouhouda, répartis entre les bassins du Loukkos et du Sebou. Le barrage Hassan Addakhil (Ziz-Rhéris) atteint, quant à lui, 71,5 %. Trente-sept autres petits barrages ont même dépassé leur capacité maximale de retenue.
Ce regain hydrique équivaut, selon le ministre, à environ une année de réserve en eau potable à l’échelle nationale. Il offre ainsi une marge d’anticipation précieuse dans un contexte toujours exposé à la variabilité climatique.
Nizar Baraka a par ailleurs réaffirmé la poursuite du déploiement des projets de dessalement, avec de nouvelles stations lancées à Nador, Driouch et Tanger, et d’autres programmées en 2027 à Tiznit, Guelmim, Tan-Tan, Rabat et dans la région du Souss-Massa.
Autre axe structurant, le projet de l’« autoroute de l’eau » entre bassins hydrauliques sera élargi, avec un premier tronçon en cours de réalisation entre le Sebou, le Bouregreg et Oum Er-Rbia, conformément aux Hautes Orientations de S.M. le Roi Mohammed VI.
