Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) anticipe une croissance de 4,2 % de l’économie nationale au premier trimestre 2026, en glissement annuel. Cette légère accélération par rapport au trimestre précédent (4 %) s’appuierait principalement sur les performances du secteur agricole et des services, qui contribueraient ensemble à hauteur de 2,9 points à la croissance globale.
Selon les prévisions du HCP, le secteur de la construction poursuivrait sa reprise avec une progression de 3,4 %, après un ralentissement en fin d’année 2025 causé par des perturbations liées aux intempéries. L’industrie manufacturière, en revanche, resterait sous pression, affichant une hausse modérée de 3,1 %, freinée par une demande extérieure moins dynamique.
Le contexte économique en ce début d’année reste marqué par des vents contraires à l’international. Le HCP souligne l’impact persistant de la faiblesse de la demande européenne, aggravée par l’augmentation des droits de douane américains et la concurrence chinoise. Les entreprises exportatrices marocaines sont également confrontées à un durcissement réglementaire en Europe, notamment à travers l’instauration du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières et les nouvelles restrictions françaises sur l’offshoring.
Ces facteurs devraient limiter la progression des exportations marocaines à 3,9 % en variation annuelle, bien en deçà de la moyenne de 10,4 % enregistrée sur les cinq dernières années.
Face à ces incertitudes, la demande intérieure resterait le principal moteur de la croissance. Portée par la reprise des activités agricoles, une inflation modérée et une politique d’investissement public soutenue, elle devrait continuer à progresser. Le cumul pluviométrique a enregistré une hausse de 57 % durant les deux premiers mois de la campagne agricole 2025-2026, soutenant la reprise de l’emploi rural et les revenus des ménages.
Dans ces conditions, la consommation progresserait de 3,9 %, tandis que l’investissement maintiendrait un rythme soutenu avec une croissance estimée à 9,8 %, portée notamment par les projets d’infrastructures publics.
Le HCP résume le scénario de croissance du début d’année comme un équilibre fragile entre des contraintes extérieures renforcées et des leviers internes de résilience. Si la conjoncture internationale venait à se durcir davantage, la croissance pourrait être moins soutenue qu’escomptée. À l’inverse, une poursuite des conditions climatiques favorables et le maintien de l’effort d’investissement pourraient soutenir la dynamique intérieure.




