Le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger a refermé sa participation à la 31e édition du Salon international de l’édition et du livre, tenue à Rabat du 1er au 10 mai 2026, après dix jours de rencontres consacrées aux écritures, aux mémoires et aux créations issues de l’immigration marocaine.
Pour cette édition, le CCME a réuni plus de 120 invités venus de quinze pays autour de plus de 70 rencontres. Sa programmation a donné une large place à une production littéraire et artistique portée par les Marocains du monde, traversée par le multilinguisme, l’ouverture disciplinaire, les circulations internationales et l’affirmation des voix féminines. La participation, pour la première fois, d’une romancière maroco-australienne a marqué l’élargissement de cet horizon.
Plusieurs figures ont été mises à l’honneur durant le salon. Le centenaire de la naissance de Driss Chraïbi a donné lieu à des échanges autour de son œuvre, aux côtés d’hommages consacrés à Ahmed Ghazali, Mohamed Leftah et Salem Chaker. Lectures, publications et débats ont permis de revenir sur leurs parcours et sur la place qu’ils occupent dans les champs littéraire, intellectuel et culturel.
L’édition 2026 a également été marquée par la présence de Mohamed El Khatib, dramaturge, metteur en scène et réalisateur franco-marocain, invité d’honneur du CCME. Trois de ses films ont été projetés, tandis qu’une lecture théâtrale et deux rencontres ont permis d’aborder une œuvre construite autour des récits personnels, de la mémoire, du deuil et des appartenances multiples.
Les débats programmés en arabe, en amazigh, en français, en anglais et en espagnol ont couvert plusieurs questions liées aux mutations culturelles contemporaines. La transmission des langues, la traduction, la circulation des textes, les écritures féminines, les mémoires migratoires, les nouvelles formes de création littéraire et artistique ainsi que l’usage des technologies ont structuré une partie des échanges. Le lancement récent de Goul-IA, chatbot conçu par le CCME pour les Marocains du monde, s’est inscrit dans cette réflexion.
La participation du Conseil a aussi mis en avant son travail éditorial mené depuis sa création. Le CCME a constitué une collection d’ouvrages littéraires, d’études, de beaux livres et de publications dans les différentes langues de la migration marocaine. Cette production accompagne la recherche sur les migrations, préserve les mémoires de l’émigration, nourrit la réflexion sur les politiques publiques et soutient la visibilité des écrivains marocains du monde, tout en renforçant leurs liens culturels avec le Maroc.
Cette collection comprend aujourd’hui 167 études, 60 romans et recueils, 20 beaux livres, 17 coffrets, 10 rapports et magazines, 7 bandes dessinées, 4 jeux et 5 catalogues d’exposition. Elle témoigne de la diversité des approches développées autour de l’expérience migratoire marocaine et de ses prolongements littéraires, artistiques et scientifiques.
Présent au SIEL depuis 2009, le CCME a accueilli au fil des éditions plus de 1.000 intervenants venus du Maroc et de l’étranger. Sa participation a contribué à faire du salon un lieu de dialogue entre écrivains, artistes et penseurs marocains du monde et leurs homologues établis au Maroc.
Le Conseil a également salué l’appui de ses partenaires institutionnels et culturels, dont le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, le Commissariat du Salon du livre, le Centre cinématographique marocain, la Cinémathèque du Maroc, 2M TV, la Fondation Hiba, les maisons d’édition marocaines et l’Ambassade d’Australie au Maroc.
Pour la troisième année consécutive, le CCME a partagé un pavillon commun avec plusieurs institutions constitutionnelles et instances de régulation. Cette présence collective a réuni le Conseil économique, social et environnemental, le Conseil de la concurrence, l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption, la Haute autorité de la communication audiovisuelle, la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel et la Commission du droit d’accès à l’information.

