En France, le début du ramadan 2026 ne fait pas l’objet d’un consensus. Deux dates ont été avancées, le 18 février selon la Grande Mosquée de Paris, le 19 février selon le Conseil français du culte musulman. À l’origine de cette divergence, une différence de méthode pour déterminer l’entrée dans le mois sacré.
Le ramadan est fixé par le calendrier islamique, fondé sur les cycles lunaires. Chaque mois commence avec l’apparition du croissant lunaire, observé après le coucher du soleil. Le mois qui précède, cha’ban, peut ainsi compter 29 ou 30 jours selon que le croissant est visible ou non au soir du 29e jour.
La Grande Mosquée de Paris privilégie l’observation visuelle locale de la lune, lors de la traditionnelle nuit du doute. Cette approche repose sur la constatation effective du croissant au moment venu. À l’inverse, le Conseil français du culte musulman s’appuie sur des calculs astronomiques permettant d’anticiper la visibilité du croissant plusieurs jours à l’avance et de fixer une date prévisionnelle.
Ces deux démarches coexistent dans le monde musulman. Elles ne recoupent pas des clivages confessionnels particuliers et ne traduisent pas une opposition simple entre tradition et modernité. La divergence tient à l’interprétation de textes évoquant l’observation de la lune et à la manière de concilier héritage religieux et outils scientifiques contemporains.
La situation n’a rien d’exceptionnel. Selon les pays, les autorités religieuses ou les comités d’observation peuvent retenir des dates différentes, la visibilité du croissant variant en fonction de la latitude, des conditions atmosphériques et météorologiques.
Pour les fidèles, cette dualité peut créer une incertitude apparente. En pratique, chacun se conforme généralement à la décision de sa mosquée ou de l’instance religieuse qu’il suit, afin de vivre le mois de jeûne dans un cadre collectif.
La même question pourrait se poser à la fin du ramadan pour la célébration de l’Aïd el Fitr. Le Conseil français du culte musulman a d’ores et déjà annoncé la date du 20 mars, tandis que la Grande Mosquée de Paris attendra une nouvelle observation de la lune avant de se prononcer.

