Home News Finale du Mondial 2030 : les failles de l’Espagne, les garanties du...

Finale du Mondial 2030 : les failles de l’Espagne, les garanties du Maroc

Finale du Mondial 2030 : les failles de l’Espagne, les garanties du Maroc

La déclaration de Rafael Lozano n’a pas laissé indifférent. En affirmant que la finale de la Coupe du monde 2030 se jouera en Espagne, le président de la Fédération espagnole de football a devancé une décision qui relève pourtant exclusivement de la FIFA. Aucune instance n’a encore tranché, aucun stade n’a été désigné, aucun pays n’a été officiellement retenu pour accueillir le match phare d’un tournoi organisé conjointement par le Maroc, l’Espagne et le Portugal.

Cette prise de parole unilatérale intervient dans un contexte particulier. Depuis la Coupe d’Afrique des Nations organisée au Maroc en 2025, certains acteurs espagnols cherchent à fragiliser la candidature marocaine en mettant en avant les incidents survenus lors de la finale. Des faits isolés, liés au comportement de joueurs et de supporters sénégalais, qui n’ont donné lieu à aucune remise en cause de l’organisation marocaine par les instances internationales.

Sur l’ensemble de la compétition, le Maroc a au contraire livré une CAN maîtrisée, sans défaillance structurelle, avec des standards de sécurité, de logistique et d’accueil largement salués. Aucun incident n’a affecté le déroulement des rencontres avant cette finale, et aucun manquement organisationnel n’a été retenu à l’encontre des autorités hôtes.

Le contraste est saisissant avec la situation du football espagnol. Depuis plusieurs années, la Fédération traverse une crise profonde. Les affaires de gouvernance se sont succédé, les tensions internes se sont installées, et les incidents dans les stades se multiplient. En octobre 2024, la FIFA a adressé un avertissement officiel à l’instance espagnole, évoquant explicitement le risque de sanctions en cas de persistance des dysfonctionnements.

Les condamnations judiciaires pour faits racistes visant des supporters espagnols ont marqué les esprits bien au-delà des frontières du pays. Plusieurs affaires impliquant le joueur Vinicius Junior ont suscité une indignation mondiale et placé la Liga sous surveillance. Ces épisodes ont durablement terni l’image du football espagnol, à l’heure même où il revendique l’accueil de la finale du Mondial.

À cela s’est ajoutée l’affaire Rubiales, qui a provoqué un séisme institutionnel. La condamnation de l’ancien président de la Fédération en février 2025 pour agression sexuelle, après les événements du Mondial féminin, a achevé d’installer l’idée d’un football espagnol en perte de crédibilité sur le plan éthique et institutionnel.

Sur le terrain des infrastructures, les certitudes espagnoles sont également mises à l’épreuve. Le stade Santiago Bernabéu, pourtant rénové à grands frais, a fait l’objet de signalements répétés concernant des infiltrations d’eau. Des zones destinées au public et aux loges ont été affectées dès les premières pluies, suscitant des interrogations sur la fiabilité de l’enceinte à long terme.

Dans le même temps, Madrid a été récemment frappée par un grave accident ferroviaire, relançant le débat sur la capacité des infrastructures urbaines à absorber un événement d’ampleur mondiale, tant en matière de sécurité que de mobilité.

Face à ces fragilités, le Maroc avance un dossier cohérent et structuré. Le Royaume construit à Ben Slimane un complexe sportif de très grande capacité, conçu dès l’origine pour répondre aux exigences techniques et sécuritaires de la FIFA. Ce projet s’inscrit dans une stratégie globale, déjà éprouvée lors de la CAN 2025.

Durant cette compétition, aucun match n’a été reporté ou perturbé pour des raisons liées aux terrains ou aux équipements, malgré des conditions météorologiques parfois difficiles. Les pelouses ont tenu, les calendriers ont été respectés, et les flux ont été maîtrisés. Un constat relevé par plusieurs observateurs internationaux, alors que de nombreux stades européens connaissent régulièrement des dégradations liées aux intempéries.

Mais au-delà des chiffres et des infrastructures, le Maroc bénéficie d’un atout que peu de pays peuvent revendiquer. Dans un Mondial organisé sur trois continents, confier la finale au Royaume donnerait une portée véritablement mondiale à l’événement. L’Afrique, qui n’a accueilli qu’une seule finale de Coupe du monde en 2010, reste largement absente de ce symbole ultime du football planétaire.

Seize ans plus tard, le choix du Maroc permettrait d’équilibrer une organisation inédite, tout en reconnaissant la place croissante du continent africain dans le football mondial. Géographiquement, culturellement et politiquement, le Royaume se situe au carrefour de l’Afrique, de l’Europe et du monde arabe, incarnant cette ambition d’un football réellement global.

La FIFA tranchera. Mais à la lumière des éléments concrets, des faits observables et des enjeux symboliques, le Maroc apparaît aujourd’hui non seulement crédible, mais logiquement placé pour accueillir la finale du Mondial 2030.

Quitter la version mobile