L’Union européenne a enregistré en 2025 une saison des incendies d’une ampleur inédite, avec plus d’un million d’hectares de forêts partis en fumée. Ce bilan, équivalent à la superficie de Chypre, marque un record selon la Commission européenne.
Les données issues du Système européen d’information sur les feux de forêt, piloté par le Centre commun de recherche de la Commission, font état de 7.783 incendies recensés dans 25 pays membres. Dès la fin du mois de mars, plus de 100.000 hectares avaient déjà été détruits, signe d’un démarrage particulièrement précoce de la saison.
La situation s’est nettement aggravée durant l’été, en particulier dans les régions méditerranéennes. Une vague de chaleur persistante au mois d’août a favorisé l’apparition de 22 incendies majeurs au Portugal et en Espagne, entraînant à elle seule la destruction de près de la moitié des surfaces brûlées dans l’Union.
Au-delà des frontières de l’UE, les feux ont ravagé 2,2 millions d’hectares à l’échelle de l’Europe, du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. L’Ukraine apparaît comme le pays le plus touché, concentrant à lui seul 30 pour cent des surfaces détruites et près de 40 pour cent des incendies recensés.
Les observations mettent en évidence une évolution du phénomène. Les incendies tendent à débuter plus tôt dans l’année et à se prolonger, avec des épisodes de chaleur plus fréquents et plus intenses. Leur propagation s’étend désormais vers des zones jusque-là peu exposées, traduisant un changement de nature du risque.
Face à cette situation, la Commission européenne appelle à renforcer la coordination entre États membres. Elle a adopté, le 25 mars 2026, une stratégie visant à mieux anticiper et gérer ces catastrophes, en couvrant l’ensemble du cycle de gestion des risques.
Le dispositif prévoit notamment de renforcer la résilience des territoires à travers une gestion durable des terres et la restauration des écosystèmes. Il s’appuie aussi sur le développement des systèmes de surveillance et d’alerte, en particulier via EFFIS et le programme Copernicus.
Les moyens de lutte doivent également être renforcés, avec la mobilisation d’une flotte européenne d’avions bombardiers d’eau, le déploiement anticipé de pompiers dans les zones à risque et la création d’un centre dédié à la lutte contre les incendies à Chypre.
La stratégie intègre enfin la préparation des populations, la gestion de l’après-crise et l’intégration du risque incendie dans les mécanismes de financement européens. Pour l’exécutif européen, ces évolutions traduisent un basculement vers un risque devenu structurel plutôt que saisonnier.

