Deux jours après la mort d’Edgar Morin, survenue vendredi 29 mai 2026 à l’âge de 104 ans, son épouse Sabah Abouessalam a pris la parole dans La Tribune du Dimanche. La philosophe marocaine y livre un texte intime sur l’homme avec lequel elle a partagé dix-sept années de vie, de travail, de voyages et de projets.
Dans ce témoignage, Sabah Abouessalam évoque un penseur dont la présence dépassait largement le cercle familial. Pour elle, Edgar Morin n’était pas seulement un époux ou un compagnon de route. Il demeurait une voix tournée vers l’humanité, fidèle à une pensée qui a marqué plusieurs générations.
Le couple, marié en 2012 après une première rencontre remontant aux années 1980, partageait son temps entre la France et le Maroc, notamment à Marrakech, où il passait régulièrement l’hiver. Au fil des années, Sabah Abouessalam était devenue l’une des présences les plus proches du sociologue et philosophe français, l’accompagnant dans ses déplacements et dans plusieurs projets intellectuels.
Elle revient aussi sur les dernières années d’Edgar Morin, marquées par l’affaiblissement progressif de son corps, mais non de son esprit. Dans son texte, elle décrit un homme resté libre, lucide et tourné vers l’avenir jusqu’au bout.
Sabah Abouessalam confie également les mots que son mari lui adressait dans les moments les plus difficiles. Il lui demandait si elle pouvait encore le sauver. Elle dit s’être battue pour lui avec la force que donne l’amour lorsqu’il devient une partie de soi.
Dans ce message d’adieu, elle insiste sur le désir de vivre qui ne l’a jamais quitté. Malgré la disparition d’Edgar Morin, son épouse affirme que sa pensée, ses paroles et son sourire restent présents. Elle appelle chacun à prolonger, à sa manière, ce qu’il portait selon elle, la bonté, la sagesse et l’amour des autres.

