À Dakhla, le premier Sommet africain sur les systèmes de santé et la souveraineté sanitaire a rassemblé près de 200 experts en présentiel et plus de 1000 participants en ligne autour d’un même constat : la transformation des systèmes de santé africains passe par des soins de proximité renforcés, une gouvernance structurée et une mobilisation du capital humain.
Organisé par la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé, cet événement s’inscrit dans la continuité des efforts engagés sous l’impulsion de S.M. le Roi Mohammed VI pour asseoir une souveraineté sanitaire africaine, fondée sur la coopération, l’innovation et la montée en compétence des structures nationales.
Les échanges, concentrés autour des modèles organisationnels et des mécanismes de gouvernance, ont mis en lumière l’importance des soins primaires, particulièrement dans les zones rurales. Plusieurs pays comme le Maroc, l’Éthiopie ou l’Ouganda ont démontré les bénéfices d’une approche centrée sur la santé communautaire, notamment en matière de prévention et de réduction de la mortalité maternelle et infantile.
Mais les défis restent profonds. Le sous-financement chronique, la pénurie de personnel qualifié et la fragilité des infrastructures continuent d’entraver l’accès aux soins. Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’une volonté politique claire pour ancrer ces transformations dans la durée.
Le modèle marocain, présenté à travers la nouvelle architecture portée par la loi-cadre 06-22, a été cité comme exemple de refonte globale. Cette réforme s’appuie sur des groupements sanitaires territoriaux, une offre de soins élargie et une stratégie affirmée de souveraineté sanitaire. Les capacités de résilience démontrées lors de crises telles que la pandémie de Covid-19 ou le séisme d’Al Haouz ont renforcé cette dynamique.
La question de l’équipement et de la formation dans la lutte contre le cancer a également été abordée, notamment par l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui soutient les pays à faibles ressources. L’un des enjeux critiques reste l’insuffisance de personnels formés pour faire fonctionner et maintenir les équipements médicaux, ce qui limite leur efficacité.
L’équité, enfin, a été placée au centre des discussions. Les inégalités d’accès aux soins, particulièrement pour les femmes, continuent de marquer le paysage sanitaire africain. Les participants ont rappelé que toute réforme structurelle restera incomplète sans prise en compte de la justice sociale, de la prévention ciblée et de la lutte contre les freins culturels.



