À Marrakech, la question de la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle s’est invitée au cœur des échanges lors d’un panel organisé en marge du GITEX Africa Morocco. Devant un parterre de décideurs et d’experts, l’ambassadeur représentant permanent du Royaume auprès des Nations unies, Omar Hilale, a mis en avant la capacité du Maroc à peser dans l’équilibre des discussions internationales autour de cette technologie.
Le diplomate a inscrit cette ambition dans la continuité de la Vision de S.M le Roi Mohammed 6, orientée vers un développement intégré du Royaume et une Afrique valorisant ses propres ressources. Dans ce contexte, le Maroc entend contribuer à une gouvernance plus ouverte et mieux répartie de l’intelligence artificielle à l’échelle mondiale.
Les enjeux apparaissent d’autant plus marqués que le marché de l’IA connaît une croissance rapide. Évalué à mille milliards de dollars en 2025, il pourrait atteindre cinq mille milliards à l’horizon 2033. Derrière cette expansion, de fortes disparités persistent. Plus d’une centaine de pays restent à l’écart des grandes initiatives internationales, dont une large part sur le continent africain, tandis que les pays du G7 occupent une position dominante dans la structuration des règles.
Face à ce déséquilibre, Omar Hilale a plaidé pour une coopération internationale repensée. Il a appelé à une meilleure articulation des cadres réglementaires, à une inclusion élargie des pays en développement, ainsi qu’à la mise en place de mécanismes concrets permettant d’orienter l’intelligence artificielle vers des objectifs de développement.
Le Maroc entend s’appuyer sur plusieurs leviers pour s’inscrire dans cette dynamique. Le diplomate a évoqué la crédibilité du Royaume sur la scène internationale, ses infrastructures ainsi que son engagement dans la transition numérique, autant d’éléments qui lui permettraient d’assurer un rôle de passerelle entre l’Afrique et les instances internationales.
Plusieurs initiatives ont été mises en avant pour illustrer cette trajectoire. Parmi elles, l’organisation à Benguerir du premier forum de l’UNESCO consacré à l’intelligence artificielle en Afrique en 2018, la création en 2023 du centre AI Movement en tant que hub continental, ou encore la tenue à Rabat en 2024 d’un forum ayant abouti au Consensus de Rabat, destiné à renforcer la place de l’Afrique dans les débats mondiaux.
Dans cette continuité, le Royaume trace une feuille de route axée sur le développement d’une industrie nationale de l’IA, la formation à l’échelle africaine, la mise en place de mécanismes de certification, la coordination continentale et le renforcement du dialogue international, notamment au sein des Nations unies.
À travers cette orientation, le Maroc cherche à s’inscrire dans une logique de contribution active, fondée sur l’innovation et le partage des connaissances, avec l’objectif de s’affirmer comme un acteur central dans la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle.

