Le Maroc comptera près de 10,9 millions de personnes âgées de 60 ans et plus en 2060, contre 5 millions en 2024. Selon les nouvelles projections du Haut-Commissariat au Plan, cette tranche d’âge représentera alors près d’un quart de la population du Royaume, contre 13,6 pour cent aujourd’hui.
Ce basculement démographique s’annonce comme l’une des principales transformations des prochaines décennies. Il pèsera directement sur les systèmes de retraite, les dépenses de santé, la protection sociale et les mécanismes de solidarité familiale et intergénérationnelle.
La population totale continuerait de progresser pour atteindre 43,3 millions d’habitants en 2060, contre 36,8 millions en 2024. Cette croissance ralentirait toutefois nettement, avec un taux annuel qui passerait de 0,7 pour cent à un niveau presque nul à la fin de la période.
Ces estimations s’appuient sur les résultats du Recensement général de la population et de l’habitat de 2024. Le HCP a retenu plusieurs hypothèses d’évolution de la fécondité, de la mortalité et des migrations. Les chiffres avancés correspondent au scénario intermédiaire, présenté comme le plus probable au regard des tendances actuelles.
Le vieillissement progressera quel que soit le scénario envisagé. Le nombre de seniors devrait plus que doubler en trente-six ans, entraînant une hausse du rapport de dépendance et une pression accrue sur les politiques publiques.
Dans le même temps, le recul de la fécondité réduira les effectifs scolaires. Le nombre d’enfants en âge de fréquenter le préscolaire passerait de 1,25 million à 960 000. Les effectifs du primaire reculeraient de 4,16 millions à 3,04 millions, tandis que ceux du premier cycle de l’enseignement fondamental diminueraient de 2,08 millions à 1,61 million.
Pour le HCP, cette baisse pourrait permettre de concentrer davantage d’efforts sur la qualité de l’enseignement et les conditions d’apprentissage, plutôt que sur la seule gestion de la croissance des effectifs.
La population continuera aussi de se déplacer vers les villes. À l’horizon 2060, le Maroc compterait 32,5 millions d’urbains, soit près de trois habitants sur quatre. La population rurale reculerait pour s’établir à 10,8 millions de personnes.
Cette concentration accentuera les besoins en logements, en transports, en infrastructures et en services sociaux dans les agglomérations. Elle renforcera parallèlement la nécessité de soutenir les territoires ruraux afin de contenir les déséquilibres régionaux.
La population en âge de travailler devrait atteindre près de 25 millions de personnes en 2060, contre 22,08 millions en 2024. Cette progression serait essentiellement urbaine. Dans les villes, les effectifs concernés passeraient de 14,2 millions à 19,1 millions, alors qu’ils reculeraient de 7,9 millions à 5,9 millions dans les zones rurales.
Les jeunes de 18 à 24 ans, futurs entrants sur le marché du travail, seraient légèrement moins nombreux. Leur effectif diminuerait de 3,89 millions à 3,77 millions sur la période.
Face à ces évolutions, le HCP appelle à anticiper les effets combinés du vieillissement, de l’urbanisation et de la baisse de la natalité. L’adaptation du marché du travail, la réforme de la protection sociale, la maîtrise de l’expansion urbaine et le développement des territoires ruraux figurent parmi les principaux chantiers identifiés.

