Le CMI veut faire de la finance connectée un sujet de premier plan pour les entreprises marocaines. Le Centre Monétique Interbancaire a organisé, mardi 23 juin à Casablanca, la première édition du Rendez-vous des CFO et DAF du Maroc, une rencontre consacrée aux nouveaux usages qui transforment les directions financières.
La e-facture, le paiement digital, l’automatisation des flux et l’intégration des systèmes ont été au centre des échanges. L’événement, tenu au Royal Hideaway Casablanca, a réuni des banques, des établissements de paiement, des experts-comptables, des entreprises, des éditeurs de logiciels, des consultants et des acteurs technologiques.
Cette rencontre intervient dans un contexte où le rôle des DAF évolue rapidement. La fonction finance ne se limite plus au contrôle, à la trésorerie et aux reportings. Elle doit désormais intégrer de nouveaux outils, connecter les systèmes internes aux banques, mieux exploiter les données et préparer l’arrivée de l’intelligence artificielle dans les processus financiers.
Le CMI veut installer un espace de discussion entre les différents acteurs de cet écosystème. Administrations, entreprises, banques, établissements de paiement et plateformes technologiques sont concernés par cette transformation, qui modifie les parcours de facturation, d’encaissement, de règlement et de pilotage.
Le poids du CMI dans les flux transactionnels donne une dimension particulière à cette initiative. En 2025, ses infrastructures ont traité plus de 500 millions de transactions, pour un volume dépassant 323 milliards de dirhams. Ces chiffres traduisent sa place dans les échanges entre les citoyens, les entreprises, les administrations et le système financier.
Pour Rachid Saihi, directeur général du CMI, la digitalisation du paiement n’est plus qu’une partie du sujet. La transformation touche désormais l’ensemble du cycle financier de l’entreprise, depuis l’émission de la facture jusqu’au suivi des flux, en passant par le règlement, le rapprochement et l’analyse des données.
La journée a été construite autour de cinq séquences, comprendre, connecter, transformer, témoigner et se projeter. Les débats ont permis d’aborder les effets de la e-facture, les nouveaux parcours de paiement, la convergence entre ERP, banques, APIs et outils de pilotage, ainsi que les usages de la donnée et de l’intelligence artificielle.
Le CMI a aussi présenté WaSL, une passerelle d’intégration de services pensée dans la continuité de Fatourati. Cette solution vise à relier les services des entreprises, des administrations et des fournisseurs aux applications bancaires, aux wallets et aux réseaux partenaires déjà utilisés par des millions de Marocains.
Le Baromètre CFO Morocco 2026 a également été dévoilé durant cette première édition. Élaboré à partir des votes en direct des participants, il donne une première photographie des priorités des entreprises marocaines et de leur degré de préparation sur la e-facture, l’automatisation, la visibilité des flux, l’intégration des systèmes, l’exploitation de la donnée et l’intelligence artificielle.
En lançant ce rendez-vous, le CMI entend inscrire la finance connectée dans un agenda annuel. Pour les directions financières marocaines, le virage est déjà engagé. Il touche à la fois les outils, les méthodes, les organisations et la capacité des entreprises à piloter leurs flux dans un environnement de plus en plus digitalisé.

