Le Conseil économique, social et environnemental appelle à faire du civisme dans les espaces publics un chantier national. À Rabat, le CESE a présenté les conclusions de son avis consacré au comportement civique, en plaidant pour un projet intégré destiné à renforcer les valeurs de citoyenneté, la cohésion sociale et les dynamiques du développement durable.
L’avis, intitulé Le comportement civique dans les espaces publics, vers le renforcement des valeurs de citoyenneté au service du développement durable, met l’accent sur la nécessité de réhabiliter l’espace public comme bien commun. Il s’agit, pour le Conseil, d’améliorer sa qualité, son accessibilité et ses usages afin d’y ancrer durablement des comportements plus responsables.
Abdelkader Amara, président du CESE, a souligné que le comportement civique reflète la qualité du vivre-ensemble et la relation entre l’individu, la société et l’espace public. Le Conseil relève, dans ce sens, le rôle central des institutions éducatives, des médias, des acteurs de la protection de l’enfance et des structures chargées de la réinsertion post-carcérale dans la diffusion des valeurs citoyennes.
Le CESE identifie plusieurs leviers complémentaires. Il recommande de renforcer l’éducation à la citoyenneté, de consolider le sens des responsabilités, de promouvoir l’exemplarité dans la gestion des institutions et d’appliquer avec rigueur les règles encadrant les espaces publics.
Le Conseil estime aussi que les grandes manifestations sportives peuvent devenir un vecteur important de promotion du civisme. À l’approche de la Coupe du Monde 2030, coorganisée par le Maroc, l’Espagne et le Portugal, cette dimension prend une portée particulière, notamment autour des enceintes sportives et de leurs abords.
Un volet spécifique de l’avis est consacré aux comportements dans les événements sportifs. Le CESE appelle à faire émerger une véritable culture de citoyenneté sportive, fondée sur des stades sûrs, accessibles et adaptés à tous les publics, ainsi que sur l’usage des technologies dans les dispositifs de sécurité.
L’avis s’appuie sur une démarche participative, nourrie par des concertations internes, des séances d’écoute avec les acteurs concernés et une enquête de terrain réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 1.012 citoyens.
Mohamed Abdessadek Essaidi, rapporteur du sujet au CESE, a mis en avant la nécessité d’un cadre stratégique et institutionnel dédié au comportement civique. Ce cadre devrait porter sur le respect des règles, l’exemplarité dans l’espace public, l’amélioration du cadre de vie, la régulation de l’usage des espaces partagés et le suivi des comportements civiques.
Le rapporteur a également relevé une progression des comportements non civiques passibles de sanctions légales au cours des dernières années. Selon les éléments présentés, 90 % des auteurs d’infractions sont des hommes, avec une forte représentation de personnes non scolarisées ou disposant d’un faible niveau d’instruction.
À travers cet avis, le CESE propose de replacer le civisme au cœur de l’action publique. Respect des règles, propreté, civilité, sécurité et partage de l’espace public sont présentés comme des conditions essentielles pour renforcer le vivre-ensemble et accompagner le développement durable.

