La hausse du prix des carburants pèse déjà sur les départs du mois de mai en France. Selon les chiffres publiés mercredi par le gouvernement, la consommation de carburant a chuté de 30 pour cent sur les dix premiers jours du mois. Un recul qui se traduit aussi par un manque à gagner estimé à environ 300 millions d’euros pour les finances publiques.
Derrière ces données, une réalité plus concrète se dessine. De nombreux Français renoncent à leurs escapades des ponts de mai, freinés par le coût du carburant, mais aussi par les péages et les dépenses liées au séjour. Les arbitrages se font désormais au plus près du budget familial.
Sana devait partir à Nice avec ses enfants. Le voyage était prévu depuis plusieurs semaines, mais la mère de famille a finalement préféré annuler. Elle explique ne plus pouvoir assumer le coût d’un déplacement aussi long et prévoit de remplacer ce séjour par des sorties plus proches, au parc, au lac ou à vélo.
Philippe a lui aussi reporté son projet de week-end dans le Sud. Entre l’essence et les péages, la facture lui a semblé trop lourde. Il restera finalement entre l’Isère et le Rhône, en limitant ses dépenses.
Même prudence chez Léane, étudiante à Lyon originaire de Salon-de-Provence. Alors qu’elle rentrait souvent voir sa famille, elle espace désormais ses trajets et préfère laisser sa voiture à l’arrêt.
Cette retenue touche déjà les vacances d’été. Face à des prix instables à la pompe, certains hésitent à réserver pour juillet ou août. La crise du carburant, qui devait d’abord peser sur les ponts de mai, commence ainsi à brouiller les projets de vacances des prochains mois.

