Selon l’AFP, le gouvernement français a revu sa copie sur les frais d’inscription des étudiants étrangers hors Union européenne. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a décidé d’assouplir le décret prévu pour la prochaine rentrée, après des échanges avec les acteurs du monde universitaire.
La nouvelle version du texte relève la marge laissée aux universités pour exonérer certains étudiants extracommunautaires des droits d’inscription différenciés. Les établissements pourront désormais accorder des exonérations à hauteur de 20 % de leurs étudiants concernés.
Cette évolution sera mise en place progressivement. Le plafond d’exonération sera d’abord fixé à 30 % dès la prochaine rentrée, avant de passer à 25 % en 2027, puis à 20 %. Une version précédente du décret, examinée la semaine dernière, limitait ce seuil à 10 %, ce qui avait provoqué un boycott d’une grande partie des membres de l’instance consultative chargée d’étudier le texte.
Le dispositif s’inscrit dans le plan Choose France For Higher Education, présenté le 20 avril. Il vise à appliquer plus strictement les droits différenciés instaurés en 2019 pour les étudiants venus de pays extérieurs à l’Union européenne, mais jusqu’ici peu appliqués dans les universités françaises.
À la rentrée, la majorité de ces étudiants devront payer 2.895 euros par an en licence, contre 178 euros actuellement, et 3.941 euros en master, contre 254 euros. L’assouplissement annoncé ne remet donc pas en cause le principe de la hausse, mais en modifie les conditions d’application.
Cette annonce intervient alors qu’une journée de mobilisation est organisée mardi en France par des syndicats étudiants et des organisations de l’enseignement supérieur, opposés à toute augmentation des frais d’inscription. À Paris, des rassemblements ont notamment débuté devant le campus de Jussieu.
Selon l’AFP, les opposants au dispositif jugent la nouvelle version insuffisante. Ils dénoncent une mesure susceptible de fragiliser l’accès des étudiants étrangers aux universités françaises, malgré le relèvement du plafond d’exonération.

