Le secrétaire d’État chargé de l’Insertion sociale, Abdeljabbar Rachidi, a appelé mercredi à Fès à renforcer les politiques publiques destinées aux personnes âgées, en tenant compte des mutations démographiques et sociales que connaît le Maroc.
À l’ouverture de la troisième rencontre régionale sur les droits des personnes âgées, il a insisté sur la nécessité d’une approche intégrée, capable d’assurer à cette catégorie une participation active aux dynamiques de développement, tout en répondant aux besoins liés à la protection sociale, à la santé, à l’accompagnement de proximité et à la lutte contre la vulnérabilité.
Abdeljabbar Rachidi a relevé que le Royaume connaît un vieillissement progressif de sa population, porté par l’allongement de l’espérance de vie et les transformations de la structure familiale. Le passage du modèle de la famille élargie à celui de la famille nucléaire impose, selon lui, de nouvelles réponses en matière de solidarité et de prise en charge.
Cette rencontre régionale s’inscrit dans une dynamique nationale visant à associer les acteurs territoriaux à la réflexion sur les droits des personnes âgées. Pour le secrétaire d’État, cette question occupe désormais une place importante dans les politiques publiques au Maroc.
Il a également rappelé les avancées réalisées dans le cadre du chantier Royal de généralisation de la protection sociale. Cette dynamique doit toutefois mieux intégrer les catégories les plus vulnérables, notamment les personnes âgées en situation de précarité, les femmes âgées et les personnes ne disposant ni d’une couverture sociale ni d’une pension.
Le président du Conseil de la région Fès-Meknès, Abdelouahed El Ansari, a estimé que cette rencontre traduit une vision nationale qui place les personnes âgées au cœur des politiques de développement. Il a souligné leur contribution à la construction de la société marocaine et la nécessité de leur garantir une place digne dans les transformations en cours.
Il a aussi attiré l’attention sur les défis liés à l’isolement, à la vulnérabilité et aux difficultés d’accès aux services, particulièrement dans les zones rurales et montagneuses. Il a plaidé pour un renforcement de la couverture sanitaire, des programmes d’accompagnement social et des mécanismes de soutien aux revenus.
La représentante résidente du Fonds des Nations Unies pour la population au Maroc, Marielle Sander, a appelé à changer le regard porté sur les personnes âgées. Elles ne doivent pas être considérées uniquement sous l’angle de la protection, mais aussi comme des acteurs du développement, porteurs d’expérience, de mémoire et de compétences.
Elle a souligné que le vieillissement démographique constitue l’une des grandes transformations contemporaines et nécessite des politiques publiques fondées sur les données, intégrant les dimensions du genre, de la santé et de la vulnérabilité sociale. Elle a également mis en avant le potentiel de l’économie du care et de l’économie argentée comme leviers d’innovation sociale, de création d’emplois et d’amélioration de la qualité de vie.
Organisée par le Secrétariat d’État chargé de l’Insertion sociale, en partenariat avec le Conseil de la région Fès-Meknès et avec l’appui de l’UNFPA, la rencontre a porté sur la protection sociale des personnes âgées, l’accès aux services sociaux et sanitaires, la réduction des disparités territoriales et la valorisation de leur expérience comme facteur de cohésion sociale.
Les participants ont également examiné l’évolution de la structure démographique nationale. Selon les résultats du Recensement général de la population et de l’habitat de 2024, le Maroc compte plus de 5 millions de personnes âgées, soit près de 13,8 % de la population. Les projections font état de plus de 10 millions de personnes âgées à l’horizon 2050.
En marge de cette rencontre, un mémorandum d’entente a été signé entre le Secrétariat d’État chargé de l’Insertion sociale et le Conseil de la région Fès-Meknès. Il porte notamment sur l’élaboration de programmes et de services dédiés aux personnes âgées, le renforcement des infrastructures sociales de proximité et l’organisation de campagnes de sensibilisation autour du vieillissement et des droits des personnes âgées.

