Le ministère du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire lancera, à partir de mai 2026, les Visites Mystères dans les établissements d’hébergement touristique classés. Le dispositif concernera 2.500 établissements à travers le Royaume, qui seront évalués par des opérateurs sélectionnés à l’issue d’un appel d’offres.
Introduites par la loi 80-14, ces visites marquent une évolution du système marocain de classement hôtelier. L’évaluation ne portera plus seulement sur les infrastructures et les équipements, mais intégrera aussi la qualité du service telle qu’elle est vécue par le client pendant son séjour.
Cette approche vise à aligner le Maroc sur les standards des grandes destinations internationales, dans un contexte où le Royaume ambitionne d’atteindre 26 millions de touristes à l’horizon 2030. Pour Fatim Zahra Ammor, ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, les Visites Mystères doivent garantir au touriste une expérience conforme à ce qui lui est annoncé.
Le dispositif s’appliquera aux établissements de trois étoiles et plus relevant des catégories hôtel, hôtel-club, résidence de tourisme, maison d’hôtes, riad et kasbah. Il interviendra aussi bien lors du classement initial que lors du renouvellement.
Le processus reposera sur deux niveaux d’évaluation. La commission régionale de classement vérifiera d’abord la conformité de l’établissement aux normes de construction et d’équipement. Une visite anonyme sera ensuite menée par un auditeur spécialisé, afin d’examiner l’ensemble du parcours client, depuis la réservation jusqu’au départ.
Les critères porteront notamment sur l’accueil, la restauration, la propreté, le room service, les espaces de loisirs, les piscines, les équipements d’animation, la rapidité du check-in et du check-out ainsi que l’expérience globale du séjour.
Les grilles d’évaluation, élaborées avec ONU Tourisme et publiées au Bulletin officiel, comptent entre 235 et 387 critères selon la catégorie et le type d’établissement. Elles doivent permettre de concilier exigence de qualité, réalité d’exploitation et authenticité de l’expérience proposée.
Le classement ne sera plus acquis de manière définitive. Il sera accordé pour une première durée de sept ans, puis renouvelable tous les cinq ans, avec des contrôles réguliers. Les établissements qui ne répondent pas aux standards exigés disposeront d’un délai pour corriger les écarts relevés avant toute décision définitive.

