L’intelligence artificielle générative s’impose progressivement dans les salles de classe et les dispositifs de formation, transformant à la fois les contenus pédagogiques et les modes d’apprentissage. À Rabat, la présidente du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique, Rahma Bourqia, a mis en lumière l’ampleur de ces mutations lors de la 12e session de l’Assemblée générale de l’institution.
Elle a souligné que ces évolutions imposent une adaptation en profondeur du système éducatif, avec l’intégration des compétences numériques et de l’intelligence artificielle dans les parcours de formation. L’enjeu dépasse l’acquisition technique. Il s’agit aussi de former des citoyens capables de faire preuve d’esprit critique, d’évaluer les contenus produits par les algorithmes et d’en comprendre les limites.
Dans cette perspective, une simple modernisation des infrastructures ne suffit pas. La responsable a insisté sur la nécessité de bâtir une politique publique cohérente, articulée autour de programmes pédagogiques structurés et d’objectifs clairement définis. Cette approche vise à renforcer la production de connaissances, à encadrer l’usage des technologies et à garantir le respect des principes éthiques.
Les travaux du Conseil s’inscrivent dans la préparation d’une recommandation consacrée à l’intelligence artificielle dans l’éducation, la formation et la recherche scientifique. Ce chantier entend répondre aux transformations rapides du secteur et à leurs conséquences sur les métiers et les modes d’apprentissage.
La question de l’encadrement de l’IA dépasse ainsi le cadre technique pour toucher aux fondements mêmes de l’éducation, à la construction des savoirs et aux méthodes de transmission. Lors de cette session, les membres du Conseil ont également examiné un projet portant sur la réorganisation de la carte universitaire publique, avec la création d’une commission dédiée à l’élaboration d’un avis sur ce sujet.

