Le Haut-Commissariat au Plan a livré une lecture détaillée des transformations à l’œuvre au sein de la famille marocaine, à travers les résultats de l’Enquête nationale sur la famille 2025. Cette étude met en évidence des évolutions marquées, tant dans les structures que dans les comportements et les trajectoires de vie.
Le modèle familial nucléaire s’impose désormais comme la forme dominante, représentant près des trois quarts des ménages, en nette progression par rapport aux années 1990. Dans le même temps, les réseaux de proximité se resserrent, avec un cercle de parenté active limité à une moyenne d’une quinzaine de proches.
Les intentions liées au mariage traduisent un changement notable. Plus de la moitié des célibataires déclarent ne pas souhaiter se marier, tandis que l’âge au premier mariage continue de reculer, dépassant les 26 ans pour les femmes et les 33 ans pour les hommes.
Les dynamiques conjugales évoluent également. Le divorce affiche un taux en hausse, avec une incidence plus marquée en milieu urbain et chez les femmes. Parallèlement, les familles monoparentales restent très majoritairement dirigées par des femmes, notamment en milieu rural.
Sur le plan démographique, la fécondité poursuit son recul et s’établit en dessous du seuil de renouvellement des générations. Une part croissante de la population atteint l’âge de 35 ans sans avoir quitté le foyer parental ni fondé de famille, une situation plus fréquente chez les hommes.
Malgré ces mutations, les solidarités familiales demeurent présentes. Une majorité de personnes âgées continue de vivre avec leurs enfants, illustrant la persistance des liens intergénérationnels au sein des ménages.
L’enquête met également en lumière des évolutions sociales. Une part significative de la population connaît une mobilité ascendante par rapport à la génération précédente, tandis que les technologies numériques jouent un rôle croissant dans le maintien des relations familiales à distance.
Ces résultats dessinent le portrait d’une famille marocaine en transition, entre recomposition des modèles traditionnels et adaptation aux transformations sociales et économiques.

