Les dernières pluies, abondantes et généralisées, changent la donne pour la gestion de l’eau au Maroc. Selon le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, cette amélioration notable du régime hydrique a des répercussions directes et durables sur les réserves en eau, la production d’énergie et l’agriculture.
S’exprimant mercredi à Rabat à l’issue du Conseil de gouvernement, le ministre a souligné que ces précipitations exceptionnelles permettent de renforcer les stocks d’eau disponibles à l’échelle nationale. Plusieurs réseaux d’approvisionnement, auparavant fragilisés, bénéficient désormais d’une visibilité à moyen terme. Les zones les plus vulnérables peuvent désormais tabler sur une année entière de garantie en eau, tandis que la plupart des autres réseaux disposeront d’une sécurité d’approvisionnement d’au moins deux ans.
Sur le plan énergétique, M. Baraka a mis en avant un autre effet direct de cette conjoncture hydrique favorable. Grâce au débit maîtrisé via les turbines hydrauliques, la production d’électricité renouvelable connaît un net regain. Le volume d’eau destiné à l’hydroélectricité atteint actuellement 1.560 millions de mètres cubes.
Ces conditions permettent également de relancer des opérations restées impossibles durant les sept dernières années de sécheresse, notamment les lâchers d’eau par les vannes de fond. Ces manœuvres techniques sont essentielles pour lutter contre l’envasement des barrages, en évacuant les sédiments accumulés. Elles contribuent à préserver la capacité de stockage et à maintenir le rendement des infrastructures hydrauliques.
Le ministre a par ailleurs relevé l’impact bénéfique de ces pluies sur la recharge des nappes phréatiques. Une remontée significative des niveaux a été observée dans plusieurs bassins, notamment ceux du Guir, du Ziz, du Rhéris, du Sebou, de la Moulouya, de l’Oum Er-Rbia, du Bouregreg, de la Chaouia et du Loukkos. Cette évolution devrait permettre de limiter la pression sur les ressources souterraines, souvent sollicitées en période de stress hydrique.
Enfin, des volumes d’eau ont été alloués à l’usage agricole. Cette mesure, rendue possible par les nouvelles disponibilités, pourrait avoir un effet positif sur les rendements et la stabilité de la production dans plusieurs zones du Royaume.

