Janvier 2026 est parmi les cinq mois de janvier les plus chauds jamais mesurés, selon les dernières données publiées mardi par le programme européen Copernicus. Une situation paradoxale alors que de violentes vagues de froid ont frappé l’hémisphère nord, alimentant les discours climatosceptiques, notamment du côté de Washington.
La température moyenne mondiale de l’air en surface s’est établie à 12,95°C, soit 0,51°C au-dessus de la moyenne des mois de janvier calculée sur la période 1991-2020. Ce mois de janvier se classe ainsi au cinquième rang des plus chauds, à seulement 0,28°C du record établi en janvier 2025. Par rapport à l’ère préindustrielle (1850-1900), l’écart atteint désormais 1,47°C.
Ce contraste thermique a illustré la complexité du climat mondial, rappelle Samantha Burgess, directrice adjointe du service Copernicus sur le changement climatique. Elle souligne qu’un refroidissement régional marqué peut coexister avec des températures exceptionnellement élevées ailleurs sur la planète.
Le mois a été marqué par des records de chaleur dans l’hémisphère sud, notamment en Australie, au Chili et en Patagonie, où des incendies meurtriers ont été signalés. Copernicus relève également des écarts thermiques notables dans l’Arctique, au Groenland, dans le nord de l’Afrique, en Amérique du Sud et jusqu’en Antarctique.
À l’opposé, l’hémisphère nord a connu des épisodes de froid intense, notamment en Amérique du Nord, en Sibérie et en Europe. Sur le continent européen, janvier 2026 s’est révélé être le plus froid depuis 2010, avec une température moyenne de -2,34°C sur les zones terrestres.
Aux États-Unis, ces conditions extrêmes ont donné lieu à une nouvelle attaque du président Donald Trump contre les préoccupations climatiques. Dans un message publié le 23 janvier sur sa plateforme Truth Social, il a ironisé sur l’existence du réchauffement : « Est-ce que les insurrectionnistes environnementaux pourraient m’expliquer s’il vous plaît : QU’EST-CE QUI EST ARRIVÉ AU RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE ? »
Les États-Unis, redevenus sous Trump le deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre, ont tourné le dos à la coopération climatique internationale. Le retour en force des centrales à charbon a relancé la hausse des émissions, annulant plusieurs années de baisse. En Europe également, les efforts ont marqué le pas en 2025, notamment en France et en Allemagne.
Ces tendances viennent prolonger une année 2025 déjà marquée par des températures record, qui s’est classée au troisième rang des années les plus chaudes jamais enregistrées.

